Kaoutar HARCHI, A l’origine notre père obscur, Actes Sud, 2014

Roman – Fable – Tragédie

Dans un pays qui ne dit pas son nom mais que l’on suppose nord africain, une tradition archaïque veut que l’on enferme/emmure/ensevelisse vivante, à l’abri des hauts murs de « la maison des femmes » bâtie à l’écart de la ville, près du cimetière, toute épouse qui

  1. est soupçonnée par la (belle) famille/le mari d’être infidèle (donc mettre en péril l’honorabilité de la lignée)
  2. refuse d’être mère de suite (car mariée trop jeune ?)

Elles n’en sortiront

  1. qu’en fonction du bon vouloir de leur mari,
  2. leurs enfants peuvent leur être retirés sans qu’elles aient leur mot à dire

C’est dans cette atmosphère étouffante que se déroule l’enfance de la fille de Liyah, accusée par sa belle-famille d’avoir séduit son beau-fils sitôt le mariage avec un riche veuf consommé. Libérée par la mort de sa mère, la fille retrouvera-t-elle ce père obscur ?

challenge rentrée Littéraire de Mme Hérisson 2014   Mon avis : Un roman entre ombre et lumière

Un coup de cœur sur les parts d’ombre et de lumière que chaque être humain porte en lui-même …

  1. La part d’ombre
    1. appartenir à 1 famille (1 clan, 1 tribu) c’est se renier un peu (beaucoup ?)
      1. solitude éprouvée par chacun des membres
      2. méchanceté, médisance, mensonge, envie, désir, jalousie
      3. s’épier, se juger, s’humilier, s’exclure, se punir
      4. se venger – achever les plus faibles d’un mot ou d’un geste
    2. le complexe d’Oedipe de la narratrice
      1. la peur de devoir faire face seule à l’expérience du monde
      2. le monde inversé et ses conséquences : être le parent de sa propre mère quand on est encore une enfant
  2. La Lumière
    1. le combat à travers les corps des femmes enfermées
      1. développer ses propres qualités : endurance, résistance
      2. rester soi – s’aimer soi d’abord

Le roman se déroule en huis clos, entre complexe

  1. de Jocaste
  2. d’Electre
  3. d’Œdipe

La fin est doublement ouverte

  1. sur le monde puisque la fille part(irait) avec le père retrouvé et soustrait au clan pour en former un nouveau avec sa fille
  2. sur l’évolution intérieure de la narratrice : le rêve de partir avec le père et (re)former ainsi le couple
    1. qu’il a refusé de faire avec la mère
    2. que la mère a refusé de faire avec sa fille

et en même temps doublement fermée puisque ce couple père/fille ne doit pas se former dans la réalité. Pour devenir un adulte responsable, l’enfant doit

  1. renoncer à/dépasser ce désir de fusion avec le parent de l’autre sexe
  2. pardonner à ses parents

Comment un mensonge, qui prend racine dans la jalousie et l’envie (les bijoux/la place sociale dans la tribu, l’amour charnel d’un beau-fils pour sa belle-mère) peut ruiner la vie de 4 êtres humains (le fils, le père, la (trop jeune belle-)mère et la fille …

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s