Lilian MATHIEU, La fin du tapin-Sociologie de la croisade pour l’abolition de la prostitution, Collection « Penser le monde », Editions françois Bourin, 2013

Etude de l’abolitionnisme français du « travail du sexe »


mettant l’accent sur

  1. l’altruisme
    1. défense des intérêts d’un groupe (les prostitué(e)s) par un autre groupe (le mouvement abolitionniste français)
  2. la représentation des intérêts des dominés (les prostitué(e)s)
  3. la place du silence
    1. l’authenticité de la parole
  4. la disqualification de l’identité collective
  5. la défense des intérêts des prostitué(e)s VS le projet d’éradication de l’activité qui les définit
  6. la condamnation de la prostitution VS la défense des principes de la modernité libérale
    1. libre disposition de son propre corps
    2. reconnaissance des identités sexuelles minoritaires

Mon avis :

Cette étude gratte là où ça fait mal. 3 registres juridiques ont encadré, historiquement, la prostitution (plus vieux métier du monde, peur de l’esprit (petit) bourgeois)

  1. le prohibitionnisme (l’interdiction)
  2. le règlementarisme (surveillance médico-policière de la fin du 18ème siècle)
  3. l’abolition (lutte contre la traite des blanches (1885, en Angleterre), lutte contre la corruption politique (France) / de la jeunesse masculine / des femmes (asservissement total), lutte contre le proxénétisme

En effet, la croisade contre la prostitution en tant que traite des êtres humains aux fins d’exploitation sexuelle (marchandisation du corps pour le plaisir d’autrui) s’oppose à la libre disposition de son propre corps et à tout engagement féministe. La réflexion qui s’ensuit

  1. permettrait au(x) client(s) de s’extraire de toute violence sexiste (structure sociale inégalitaire) et ainsi de vérifier, avant tout rapport, s’ils ont en face d’eux
    1. un objet de pouvoir, poussé vers la prostitution par
      1. la société
        1. pauvreté, précarité
        2. carence(s) affective(s) issues d’une enfance traumatique (sévices physiques, sexuels, psychologiques)
        3. fragilité psychologique, naïveté, duperie
      2. une organisation criminelle
        1. proxénétisme, pornographie
        2. esclavage sexuel (éthique de l’asservissement dûe au patriarcat) sous menace(s)
    2. une personne consciente de ses choix
      1. prostitution libre, de choix non contraint  (cependant, garder à l’esprit que la Convention de 1949 envisage la prostitution comme une atteinte fondamentale à la dignité)
  2. évoque la question
    1. du consentement des victimes à leur migration (immigration irrégulière)/exploitation
    2. de la charge de la preuve
      1. comment dès lors mettre en place une possible émancipation des prostitué(e)s de leur état de tutelle (accès inégalitaire aux ressources intellectuelles et matérielles) sans condescendance ni paternalisme ?
      2. comment défendre les intérêts  de ces victimes quand les associations qui les représentent en tant que partie civile vivent des dommages et intérêts qu’elles obtiennent ?

 

 

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