Val McDERMID, Lignes de fuite, collection « Littérature Etrangère », Editions Flammarion, 2015

Thriller psychologique se déroulant sur une semaine, exploitant le thème de la manipulation mentale des pervers narcissiques

 

Jimmy Higgins (orphelin de père (DJ Joshu) et de mère (Scarlett Higgins, star de la télé-réalité)), partant en vacances aux USA avec sa tutrice, Stephanie Harker (nègre littéraire), a disparu dans l’aéroport, sous les yeux de cette dernière et du personnel de sécurité. Qui a pû commettre un tel acte

  1. la famille de Joshu ?
  2. les fans de Scarlett ?
  3. l’ex petit ami, dangereux manipulateur, de Stéphanie ?
  4. son ancienne nourrice (roumaine) ?

Mon avis :
La(les) perspective(s) de l’intrigue se tien(nen)t dans le titre Lignes de fuite, ce qui suggère dès le départ

  1. la perspective que nul ne peut échapper à son destin
    1. social : Scarlett et ses origines modestes
    2. familial : où que l’on aille, on emporte avec soi les stigmates de son enfance
    3. amical : à fréquenter de trop près les « voyous », on finit par agir comme eux (Stéphanie) sans même y penser
  2. une fuite en avant (pour échapper à une emprise/à un danger dont on ne veut plus)

La personnalité narcissique (Scarlett, Joshu, Pete et Stephanie) est ici appuyée par l’absence de remords et de culpabilité. Cependant, un véritable pervers narcissique se distingue avant tout par le désir de nuire (ce qui n’est pas démontré/exploité ici).
Les conséquences (non exploitées dans le roman) d’une telle personnalité sont posées à travers la question de l’enfant (Jimmy) qui se retrouve à 5 ans avec une histoire (roman familial) bien embrouillée

  1. alcool et drogue (père et famille maternelle)
  2. meurtre (mère biologique et adoptive)

où il n’est finalement que l’objet du désir de sa mère biologique (père non investi dans sa paternité, exploitation médiatique de son histoire par la mère, abandon puis enlèvement de l’enfant, sans égard pour les liens qu’il a tissé avec sa tutrice, car elle ne peut avoir, biologiquement, d’autres enfants).

J’ai été particulièrement touchée par la capacité de Scarlett Higgins (cf  la Scarlett O’Hara d’ Autant en emporte le vent) à préserver, envers et contre tout(tous), ses intérêts. Là où l’héroïne de Margarett Mitchell s’échappe/se libère du pesant patriarcat et de son éducation de dame du sud, par sa seule force de travail et sa négation du « quand dira-t-on », l’héroïne de Val McDermid se saisit de ces qualités pour rivaliser (elle triche puisqu’elle utilise un nègre littéraire) avec les hommes (monde de la télé réalité et des médias où reignent le pouvoir, la gloire et l’argent) et assumer son choix de vie (hors des liens familiaux initiaux) : Être riche, intelligente et … en couple !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s