[collectif sous la direction de Maraike Bückling et Guilhem Scherf], Jean-Antoine HOUDON – La sculpture sensible, Editions Somogy, 2010

Catalogue de l’exposition Jean-Antoine Houdon, La sculpture sensible présentée au musée Fabre de Montpellier (16 mars – 29 juin 2010)
Coédition Musée Fabre de Montpellier et Liegbieghaus de Francfort

Le coeur de cette rétrospective (50taine de pièces dont 18 sculptures de Houdon) est constitué autour de trois chefs-d’oeuvre :

  1. les allégories en marbre (toutes 2 appartenant au musée fabre)
    – l’Hiver, appelé la Frileuse (1783)
    – l’Eté (1785)
  2. sa version en bronze réalisée en 1787 prêtée par le Metropolitan Museum of Art de New York.
    Ces statues sont parmi les plus célèbres de son temps et révèlent admirablement le passage du Baroque aux Lumières. Un ensemble de sculptures, gravures, peintures de Houdon, Clodion, Greuze… les accompagne pour expliciter ces représentations liées à l’Amour et à la Mort

Ce que j’ai retenu :
Au 18ème siècle, la Pensée Nouvelle que représente Les Lumières a pour principe fondamental la remise en cause des traditions. Ils utilisent notamment

  • l’allégorie baroque (nouvelle forme)
  • le modèle traditionnel dans de nouveaux contexte de représentation
  • la naturalité artificielle (illustration d’1 corporéité vivante + 1 espace tangible)
  • l’éloignement des anciens commanditaires (Cour (les courtisans), Mécènes éclairés et Eglise (les croyants)) au profit
    • du public (celui des Salons (du Louvre, notamment)), difficile à appréhender,
    • des critiques d’Art, difficiles à contenter

engage une nouvelle relation œuvre d’art / spectateur / artiste : le spectateur ne possède pas (plus ?) ou rejette les codes de compréhension, transmis par la Tradition,  des allégories et  des genres et des symboles des  sujets mythiques et religieux. Donc il faut lui transmettre un contenu sans être obligé de recourir à la culture littéraire.
Cette quête (représenter l’homme et la Nature dans leur vérité) de vérité

  1. requière de nouveaux symboles et permet de nouvelles possibilités d’expression
  2. trouve son apogée dans l’art prométhéen (donne vie à la matière inerte (terre, plâtre, marbre)) de Houdon qui
    1. puise à la source de l’Art
      1. antique
      2. chrétien

un réservoir de formes et prend ses distances avec elles. Il trouve des formes

  1. nouvelles
  2. convainquantes

pour suggérer les motifs sans les figer – cf : les statues l’Eté&l’Hiver qui

  • représentent des saisons
  • critiquent la tradition de l’allégorie
  • présentent une forme moderne
  • forment un dyptique avec un arrière plan érotique

Mon avis :
L’article présentant les différentes visions de l’Eté et L’Hiver peut, avec un minimum de travail, permettre à un professeur motivé de proposer une séquence en histoire de l’art sur

  1. le pouvoir prométhéen de l’artiste
    1. la maîtrise des matériaux pour révéler la sensibilité d’un caractère
      1. les attributs et leur absence
      2. sensualité ou rugosité de la surface
      3. éloquence de l’attitude (expression)
  2. l’émancipation au siècle des Lumières de l’iconographie classique par des surfaces
    1. faisant abstraction de la peau et du tissu
    2. le contour clair
    3. l’expression / l’attitude suggérant des motifs sans les figer
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