Patrick WEBER, Histoire de la sculpture – De l’Antiquité à nos jours, collection « Mémo », Editions Librio, 2008

Ouvrage synthétique rappelant les grands repères de l’histoire de la sculpture de l’Antiquité au XXème siècle

Ce que j’ai retenu :

  1. Préhistoire – Protohistoire : des Vénus stéatopyge (culte de la fertilité) ont été retrouvé dans toute l’Europe : Est, Autriche, Italie, France)
  2. Antiquité
    1. Orientale
      1. Mésopotamie (-3000; -331) : Emergence de cités à volonté hégémonique dont la situation demeurent instable
        1. Sumer (- 3500) : la sculpture traduit la position de l’homme (le fidèle) face à la divinité (position d’orant -en prière-dont le regard oscille entre vénération et peur et se porte vers l’horizon) crainte et respectée, ex : les Goudéas (- 2100; – 2000), figures de prince en intense adoration
        2. glorification de l’image du roi dans la culture assyrienne : message politique de la sculpture
    2. Egyptienne : essentiellement religieuse, elle livre des détails sur la vie quotidienne
      1. Epoque prédynastique : Les 1ers villages apparaissent en Basse-Egypte en – 4500 (=> céramiques)
      2. Ancien Empire (- 3000; -2260) : La stabilité politique de la Ière dynastie et des suivantes favorise le développement artistique, reflet du sommet de la pyramide sociale, au confluent du pouvoir temporel et spirituel (=> travail de la pierre(force et présence), frontalité, conception architecturale de la sculture)
      3. Moyen Empire (- 2500;- 1750): A la fin de la VIème dynastie succède une période d’incertitude politique et militaire (1ère période intermédiaire) jusqu’à la XIème dynastie (réunification du territoire) (=> la sculpture marque les troubles de la situation politique par la multiplication des modèles en bois, l’humanisation des visages (grandes oreilles, grands volumes))
      4. Nouvel Empire (- 1552;- 1070) : Apogée de l’Art égyptien (XVIIIème dynastie) après une période troublée (2nde période intermédiaire de la XIVème à la XVIIème dynastie) où la stylistique correspond aux différents règnes (gigantisme, maîtrise du travail de la pierre, recherche de la grâce)
      5. Période tardive – Egypte Ptolémaïque : Après la conquête d’Alexandre, l’Egypte est dominée par la dynastie des Lagides. La sculpture se mixe avec la sculpture grecque (le grotesque) tout en restant fidèle aux formes ancestrales égyptiennes
    3. Grecque
      1. Sculpture cycladique (vers – 2500) : productions d’idoles (rites liés à la fécondité ?) d’une apparente simplicité résultant d’une recherche de proportion et d’équilibre
      2. Sculpture crétoise (céramique et orfèvrerie) – civilisation Minoéenne
        1. 1ers palais (- 2000; -1700) : schématisation extrême / une catastrophe sismique aurait détruit les 1ers palais …
        2. 2nds palais (-1700; -1400) : motifs naturalistes animaliers et végétaux, statuettes d’inspiration égyptienne
      3. Sculpture Mycénienne (-1630; -1200) : céramique inspirée de l’art crétois (motifs naturalistes), l’orfèvrerie (masques de métal des défunts) témoigne du rapport avec la mort
      4. Sculpture archaïque grecque (VIème siècle avant JC) : Utilisation de la pierre avec prédilection pour la figure humaine et recherche d’harmonie/proportions (lois de la frontalité, des proportions et de la symétrie, pauses hiératiques, présentation symbolique des détails anatomiques, reliés au corps alors que les jambes se séparent peu à peu du bloc fondateur, volonté d’élégance)
        1. Kouros (jeune homme)
        2. Korè (jeune femme)
      5. Sculpture classique : correspond à l’hégémonie d’Athènes jusqu’à la mort d’Alexandre le Grand
        1. 1er classicisme (Vème siècle avant JC) : la torsion traduit le mouvement et rompt avec le parallélisme de la période archaïque, le canon classique (7 fois la hauteur de la tête dans la dimension verticale du corps) de Polyclète
        2. 2nd classicisme (IVème siècle avant JC) : importance accrue du portrait (figure comme témoin de son propre monde), évolution du canon polyclétéen (8 têtes dans un corps humain), caractère instable de la pause (Praxitèle, Lysippe)
      6. Sculpture Hellénistique (-323; -31) : avec le déplacement des centres de créations de la Grèce continentale vers les royaumes orientaux (Milet, Alexandrie, Pergame, …), elle se caractérise par un aspect monumental et une tendance à l’expressionnisme (apparat, souci décoratif) où la statue s’appréhende sous tous les angles
    4. Romaine
      1. Sculpture étrusque (fin du VIIIème siècle avant JC – Vème siècle avant JC) : Avec la chute des Tarquins (-509) le style (synthèse des influences orientales et grecs archaïques dans une statuaire funéraire allègre et spontanée) se maintient puis se fond dans l’art romain
      2. La république (-509; -31) : portrait sculpté personnalisé (« togatus ») indissociable d’un programme artistique (exalter les vertus de la famille et le culte des ancêtres) de propagande (reprise de l’expension territoriale dès le IVème siècle)
        1. L’Empire (-27; -476) : César étant suspecté de vouloir restaurer la monarchie, Octave instaure ce nouveau régime (rétablir les vertus républicaines, adapter le modèle romain à travers tout le territoire) dont il devient le souverain sous le nom d’Auguste. Son gigantisme le rendant ingouvernable, sa séparation en 2 (occidental et oriental) est inévitable. La sculpture reflète cette situation politique (goût du gigantisme, portraits équestres, reliefs sculptés, évolution du style réaliste vers l’expressionnisme).
  3. Moyen-Âge
    1. Art paléochrétien (du IIème au IVème siècle) : directement issu de la tradition impériale romaine, il trouve son origine dans le goût pour les images (recyclage de figures païennes pour représenter des personnages religieux), les sarcophages sont des supports de prédilection, affirmation du haut-relief
    2. Art bysantin (aube du IIIème siècle, fin 1453 – se prolonge en Russie) : le schisme de 476 interrompt le développement de l’art paléochrétien à l’Ouest. A l’Est, Bysance met cet art au service de la gloire de Dieu et de l’empereur (architecture, mosaïque et certains arts décoratifs : motifs végétaux ou géométriques, dentelle de pierre, champlevé, jeux de couleurs)
    3. Art carolingien (IXème siècle) : Une réaffirmation d’un pouvoir central fort correspond à une renaissance des arts; en sculpture cela correspond à une préférence pour l’architecture plutôt que la ronde bosse et en arts décoratifs, l’art des manuscrits et la richesse de l’orfèvrerie s’imposent
    4. Sculpture
      1. romane (du Xème au XIIIème siècle) :  fragmentation territoriale (donc la difficulté de communication) dans une société rurale et très religieuse où le clergé prend conscience de la valeur didactique et pédagogique de la sculpture qui souligne les points d’importance de l’architecture (fronton, tympan, trumeau, linteau, … polychromes) en mêlant des influences diverses (bysantines, germaniques, antiques …)
      2. gothique (du milieu du 12ème au milieu du 14ème) : utilisation de la statue-colonne et de la ronde-bosse, des statues de dévotion (représentation de la femme (Vierge) et de l’enfant (Jésus), souplesse et élégance du style courtois à partir du 14ème siècle (1325)
      3. musulmane en Europe : orne l’architecture (interdiction de représentation divine anthropomorphe) ou masque la simplicité des matériaux de construction
  4. Du XVème au XVIIIème siècle
    1. Renaissance (1453 prise de Constantinople – 1517 thèses de Martin Luther) : Portées par l’apport des érudits et l’appel à la raison, l’épanouissement des villes-Etat italiennes permet, avec la circulation des idées, le développement d’un abandon du statut anonyme de l’artiste, de préoccupations centrées sur l’humain (recherches sur la perspective, étude de l’anatomie, quête d’un idéal reposant sur le culte du beau, individualisme, naturalisme, vérité psychologique, emprunts à l’Antiquité (bas-relief et statues équestres)
    2. Maniérisme (1520- fin du 16ème siècle) : poursuit les recherches formelles de la Renaissance (recherche de la personnalité) en y ajoutant une quête du mouvement et le goût de la déformation et de l’excès
    3. Baroque (1563-1760) : prolonge le maniérisme et fait appel à l’émotion d’un art global (la persuasion passe par la séduction des sens avec le développement de l’art de la fête (exubérance, sensibilité, fantaisie) -architectures éphémères- et du théâtre – création d’un espace réel et imaginaire continu -)
    4. Classique (règne de Louis XIV) : brillant et ostentatoire, ancré dans un message politique, il s’adresse à la raison et privilégie la recherche du grandiose, les valeurs d’harmonie, l’élégance
    5. Rococo (18ème siècle) : La Régence et le début du règne de Louis XV affirme son goût pour l’intimité galante et le libertinage, le style s’allège et se raffine (sensualité exacerbée) en grâce, douceur et coquetterie qui intègrent les découvertes de la botanique et de la zoologie
  5. XIXème siècle
    1. Néoclassicisme (2ème moitié du 18ème siècle à 1830) : Courant artistique et moral où les artistes puisent leur inspiration dans l’Antiquité (sans tenir compte de la réalité historique-polychromie) qu’ils réinterprètent selon les canons de l’époque, c’est-à-dire exaltation de la grandeur et de la force passant par un message moral (héroïsme, raison, vertu, rigueur, courage, notion de sacrifice), sentiment de froideur et volonté de perfection technique (quête du « beau absolu »)  HOUDON  THORVALDSEN (Danemark)   CANOVA (Venise)
    2. Romantisme (s’affirme en 1824-s’estompe en 1850) : Se caractérise par la prédominance de la sensibilité  (tourmentée, d’une ampleur lyrique) et de l’imagination (passion et intuition guide la démarche artistique) sur la raison et correspond (politique) à une volonté d’émancipation des peuples suite à Napoléon et le partage de l’Europe (Congrès de Vienne, 1815). La vérité du particulier prime sur l’aspect collectif : exaltation de l’individu et culte du héros CARPEAUX   BARYE   RUDE
    3. Réalisme (1850-fin du 19ème siècle) REPRODIIRE FIDELEMENT LA NATURE : La fascination (science, positivisme) pour le réel (le vrai correspond au beau) permet le témoignage social (mise à l’honneur du personnage anonyme mais admirable -vie laborieuse-) RODIN   BOURDELLE   MEUNIER
    4. Impressionnisme (fin 19ème siècle) TRADUIRE L EFFET QUE LA LUMIERE PEUT JOUER SUR LA NATURE : représentations d’après nature – cire fondue – DEGAS
    5. Symbolisme (fin 19ème (1880) – début 20ème) : Rejet de l’authenticité, de l’imitation de la nature et du scientisme pour privilégier les scènes mythologiques, le mystère, le mysticisme, l’onirisme (exploration du moi, individualisme) afin d’exprimer la foi qui habite les artistes    RODIN    MINNE (Belgique)
    6. Fauvisme (fin 19ème – début 20ème) : refus de l’imitation servile de la réalité, importance des sentiments et du processus de création      MATISSE     WOUTERS (Belgique)
    7. Expressionnisme (fin 19ème) FIGURES DU REEL REINTERPRETEES A TRAVERS LE PRISME DES EMOTIONS/SENTIMENTS : Mise en cause de la Société par l’artiste à travers l’exacerbation/expression du Moi  (révélation des émotions perso)     ZADKINE      LIPCHITZ
    8. Art Nouveau (autour de 1900) : L’art se fait ornement (réaction au Réalisme) donc élégant, non exempt de maniérisme, utilisant (contre)courbes, formes végétales et matériaux précieux           WOLFERS (Belgique)      CHARPENTIER
  6. XXème siècle
    1. Cubisme (début 20ème (1908)) : S’inspire des préceptes de Paul Cézanne qui voyait dans la Nature un assemblage de formes (point de vue en 3 dimensions. La re-création (fragmentation de la figure) repose sur une démarche intellectuelle de l’artiste.  BRAQUE      PICASSO
      1. Cubisme synthétique (s’épanouit peu avant la 1ère guerre mondiale) : La matérialité de l’œuvre (collage, la peinture rejoint la sculpture) est au centre la démarche de l’artiste      GUTFREUND     ARCHIPENKO    LAURENS
    2. Futurisme (Manifeste de Marinetti publié en 1909) : Décomposition en fragment rendant le mouvement palpable (vitesse) BOCCIONI   BALLA
    3. Art abstrait (début 20ème) : L’Art se libère des objets extérieurs pour se concentrer sur l’essence et l’esprit de la création, théorisation/explication de la démarche artistique      ARP
    4. Abstraction Géométrique (début 20ème – art de la révolution russe (supplanté par le réalisme soviétique)) : L’Art s’affirme concret (respect des règles, mouvement rationnel, ancrage dans la géométrie          PEVSNER
    5. Art Déco (années 20) : accompagne le développement des loisirs et des moyens de locomotion en un art du divertissement et du plaisir indissociable de l’esprit des colonies (exotisme) en une recherche d’élégance et de féminité opposant courbes et lignes droites    CHIPARUS   LALIQUE
    6. Bauhaus (1919-1933) : Entend abattre les cloisons qui sépare l’art de l’artisanat pour « rétablir l’harmonie entre les différentes formes d’art »           RIETWELD     VON DER ROHE
    7. Surréalisme (années 20) : S’intéresse aux rêves, aux sentiments refoulés (psychanalyse) donc utilisent des matières inattendues ou des associations inédites en s’inspirant des recherches de la peinture métaphysique de DE CHIRICO                       DALI
    8. Dadaïsme (1916) : réponse(s) à l’absurdité du monde (pauvreté de moyens, questions sur l’art et sa place dans l’industrie et la nature)              DUCHAMPS   (ready-made)
    9. Pop Art (2ème moitié du 20ème siècle) : Revendique un aspect ludique (répétition en série d’une icone), s’inscrit dans la société de consommation où la médiatisation fait l’art                 JOHNS
    10. Nouveau Réalisme (dès 1960) : Rendre le réel à travers la perception personnelle de l’artiste     ARMAN   CESAR
    11. Art Cinétique (dès les années 20) : Rythme saisi dans l’instant (souffle d’air, moteur) fait partie intégrante de l’œuvre d’art non statique TINGUELY    CALDER
    12. Land Art (2ème moitié du 20ème siècle) : caractère éphémère de l’œuvre (diversité des matériaux) qui s’inscrit dans le paysage en un dialogue (photo) avec la nature          CHRISTO      LONG     VERCHUEREN
    13. Hyperréalisme (2ème moitié du 20ème siècle) : Créations au réalisme photographique qui se développent dans le contexte de la société de consommation dont ils dénoncent les incohérences du système              HANSON

Mon bémol :

Il manque

  • sur certaines entrées une définition claire du mouvement appréhendé
  • des photos des œuvres citées

Cependant, il s’agit là d’une synthèse rapide, faire davantage serait changer l’esprit de la collection …

Mon avis :

Le développement de l’art de la sculpture semble partir de rites magiques, passer par une étroite relation avec le monde politique (stabilité des Etats ou non, hégémonie, expansion, propagande) ou la société (Bourgeoisie, Révolution Industrielle, société de consommation, médiatisation) en un mouvement de balancier (tendance/réaction, influence/rejet). Aussi je me demande ce qui succèdera à l’affirmation de l’individualisme et à la puissance de la commercialisation au 21ème siècle …

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