Frédéric VIGUIER, Ressources inhumaines, Editions Albin Michel, 2015

1er roman d’un auteur et metteur en scène de théâtre

« Elle », une femme sans ambition cherchant à combler son vide intérieur, entre à 22 ans comme stagiaire au rayon textile d’un hypermarché et devient rapidement chef de rayon.

« Lui » tient à sa liberté de penser et cherche à s’épanouir dans son travail. Il entre dans sa vie 20 ans plus tard … Pour tout révolutionner ?

ressources inhumaines    Mon avis : Acquérir un statut social, une fin en soi ?

L’auteur nous propose là un roman à méditer longuement sur le « vide » d’une vie absurde, fruit de la société dans laquelle nous vivons.

Tel Bel-Ami de Maupassant, notre héroïne, « elle », se sert des hommes (génération X) pour se rapprocher du Pouvoir et s’y maintenir; naviguer à vue, sans aucune perversité, sans ambition ni envie particulière, voilà son véritable savoir faire. Sa fidélité à l’écosystème (vacuité volontaire) mis en place par les cadres de l’hyper marché pour conserver le Pouvoir lui vaudra une retraite bien méritée … « Il » symbolise la génération Y née avec l’informatique et la maitrise des réseaux sociaux, génération qui pense le travail en terme d’épanouissement/réalisation plus qu’en terme de statut /reconnaissance.

La structure en 2 parties rend le résultat de cette incompréhension entre génération X et Y plus désolant encore.

Acquérir un statut social par la ruse et s’y maintenir de force sans compétence, est-ce vraiment cela la vie (même si malheureusement, c’est une des réalités du monde du travail) ? J’espère que non …

Le livre refermé, je n’ai pu m’empêcher de me demander qui était le plus inhumain

  1. celui qui met en place un système de servitude volontaire
  2. celui qui y adhère par ambition
  3. celui qui l’accepte par nécessité, sait et se tait
  4. celui qui, gardant/ayant la possibilité d’envoyer tout promener, se permet de juger ceux qui, (trop) nombreux, éprouvent le sentiment de ne pas avoir le choix

Pour aller plus loin :

Je vous recommande, outre la (re)lecture de Bel Ami de Maupassant, le film La loi du marché de Stéphane Brizé

 

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