L’Avare (Molière), mise en scène de Jacques Osinski

Comédie
Création/nouvelle production du théâtre Jean Vilar (Suresnes), présentée en ouverture de saison (http://www.theatre-suresnes.fr/2015-l-avare)

Elise et Cléante sont orphelins de mère. Leur père, Harpagon, les nourrit seul et, afin de réduire la dépense, a résolu de les marier : Elise (sans dot) avec son ami Anselme, Cléante avec une veuve de sa connaissance. De son côté Harpagon compte épouser une jeune voisine, Marianne.
C’était sans compter sur l’amour qu’éprouve Elise pour Valère et Cléante pour Marianne, hymens ignorés par Harpagon.
Qui d’Harpagon et Cléante épousera Marianne ? Et qui épousera Elise, Anselme ou Valère ?
Pour couronner le tout, ses 10 000 écus d’or disparaissent … Qui les a pris ? Harpagon les retrouvera-t-il ?

l_avare_coffre fort   Mon avis : De la comédie de mœurs au Roman Familial …

Dès le placement dans la salle, les spectateurs découvrent le décor : une cuisine ouverte à l’américaine, 1 frigo vide, 1 unique fauteuil sur la gauche et un coffre fort dissimulé dans le mur sur la droite. Pas de table, donc pas de convivialité, pas de discussion(s), pas d’échange sur les menus tracas de la journée , … De ce décor froid, on devine l’espace d’une famille à problèmes (pas de communication entre ses membres) et les scènes d’ouverture donne raison à cette impression :

  1. A l’aube naissante, Elise (en robe de chambre) et Valère (en habits de jour) discutent de leur amour et de l’impossibilité d’y laisser cours compte tenu de l’attitude du père (et du frère). Survient le frère, Cléante, qui monopolise la conversation sur ses amours naissantes sans s’intéresser le moins du monde à ceux de sa sœur (elle est « sage » donc sans hymen, bien sûr !)
    1. Un frère prodigue en société et aveugle aux besoins des autres en famille
    2. Une sœur dont la jeunesse se traduit par la rapidité de son élocution
  2. Harpagon annonce ses décisions à ses enfants , les marier (après tout c’est son devoir de père), sans tenir compte de leur avis sur la question et ce, malgré le point de vue de Valère qui, mis dans la confidence, argue que mariage sans amour conduit au cocufiage …
    1. Un père toxique qui place ses devoirs (les marier donc leur permettre de tenir leur place dans la société) envers la société au dessus de son amour pour ses enfants et de leur bien-être (donc ses devoirs de père aimant)

Où est la place de la mère (disparue dès le début de la pièce) dans cette famille ? Est-ce à cause de cette absence d’un être tant aimé que le père a transféré son amour (charnel ?) sur quelque chose de tangible, l’argent (qui lui ne peut pas, ne doit pas disparaître) ?

Le metteur en scène a tiré son Avare vers la comédie de mœurs bourgeoise où la violence des sentiments s’incarne dans la violence des paroles et des gestes … Une belle vision qui renouvelle toute la compréhension de la pièce !

Mon bémol :

Les sièges viennent d’être changés. D’un beau rouge profond à lettres dorées, très (trop ?) confortables : pour un peu, on s’y endormirait … J’ai ouï dire à la sortie que ce fut le cas  pour quelques spectateurs …

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s