Florent GONCALVES, Défense d’aimer, collection « Documents », Editions Presses de la Cité, 2016

éperdument     Adapté au cinéma par Philippe GODEAU avec Guillaume Gallienne et Adèle Exarchopouplos sous le titre Eperdument (sortie le 02/03/2016)
Récit de vie / Témoignage, opposant le chronos (temps calendaire) au kairos (temps immatériel formé par les étapes de la vie), d’un fonctionnaire modèle, révoqué de la fonction publique (implication sentimentale avec l’une des protagonistes de l’affaire Ilan Halimi (gang des barbares))

 

Florent Gonçalves, 37 ans, fonctionnaire pragmatique et réaliste, confiant et optimiste, donnant du sens à son quotidien professionnel par un humanisme à toute épreuve, accessible et paternel, rapprochant la prison de l’extérieur, …  est le plus jeune directeur de prison que la MAF (maison d’arrêt pour femmes) de Versailles ait connu quand il laisse sa vie (emploi, mariage, logement) lui échapper …

  1. 25/09/2007 : arrivée de Léa (affaire Fofana / Ilan Halimi – Gang des Barbares), mineure de 17 ans, à la MAF Versailles
  2. Printemps 2008 : 1ère vraie rencontre avec Léa (défilé de mode)
  3. Décembre 2008 : Léa est affectée aux cuisines et s’occupe de l’informatique pour la cantine extérieure (contrat Auchan)
  4. 08/12/2009 : 1er baiser en salle informatique
  5. Mars 2010 : déception de Léa quand Florent admet exercer pleinement ses relations conjugales avec sa femme légitime

Mon avis : « Papa a fait une bêtise à cause d’une histoire d’amour », un réquisitoire intenable !

Une très belle écriture qui respecte les errements en boucle de la parole de l’auteur

On oscille entre différents syndromes

  • Pygmalion, Lolita
  • syndrôme du Prince Charmant

et un profond dégoût pour

  • un homme européen,
  • marié au moment des faits,
  • qui s’éprend d’une jeune fille visiblement paumée (viols/orpheline de père donc en mal de représentation masculine) dans un contexte d’interdictions fortes
    • différence d’âge/niveau social/statut civil,
    • déontologie professionnelle

qui n’a pas l’once du début de conscience de l’abus qu’il inflige à sa partenaire, incarcérée au moment des faits ….

En prenant du recul, aurais-je eu la même réaction s’il s’était agit

  • d’une femme amoureuse d’un détenu, tous 2 adultes consentants ? Oui
  • d’une professeure amoureuse d’un élève, tous 2 adultes consentants ? Probablement pas …

La privation de liberté vaut-elle privation affective ? Sûrement non … Mais de là à tomber amoureux(se) de quelqu’un

  1. privé de liberté
  2. qui dépend de son autorité
    1. détenu(e) à la merci du traitement qu’on lui réserve
    2. qui subit tous les jours la Loi du plus fort

« Dura lex, sed lex » dit le proverbe : risquer 3 ans de prison, 45000 euros d’amende, des poursuites disciplinaires … pour un mirage d’amour avorté, cela en valait-il le coup ? Pour l’auteur oui, pour moi non !

 

 

 

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