L’Assomption (Dormition) de la Vierge Marie : une tradition devenue dogme

Fête mariale datant des 1ers siècles de l’Eglise

  1. célébrant la montée au ciel de la Vierge Marie sans avoir connu la corruption de la mort
  2. préfiguration de la destinée des chrétiens

Dans les années 650, l’Église de Rome observait cinq fêtes mariales :

  • la fête de la Mère de Dieu (1er janvier)
  • la Nativité de Maris (8 septembre)
  • l’Annonciation (25 mars)
  • la Présentation (2 février)
  • l’Assomption (15 août)

Le Dogme de l’Assomption a été défini le 01/11/1950 par Pie XII (constitution apostolique Munificentissimus Deus) :

« Nous affirmons, Nous déclarons et Nous définissons comme un dogme divinement révélé que l’Immaculée Mère de Dieu, Marie toujours vierge, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée en corps et en âme à la vie céleste. »

La proclamation du dogme de l’Assomption reste à ce jour le seul cas où l’infaillibilité pontificale, telle que définie à Vatican I, a été mise en œuvre.  Cet évènement qui prend sa source dans la tradition de l’Église, longuement mûrie par un siècle de théologie mariale. Et ce même si l’on ne sait rien de la fin de la vie terrestre de Marie. Seul un écrit apocryphe du Ve siècle, La Dormition de Marie (voir http://www.livres-mystiques.com/partieTEXTES/Apocryphes/Dormition.html), évoque ses derniers instants : Entourée par les apôtres en prière, elle est emmenée au paradis par le Christ.

L’intuition populaire selon laquelle la Mère de Dieu ne pouvait avoir connu la corruption de la mort car conçue sans péché sera par la suite approfondie par les Pères de l’Église :

  •  St Jean Damascène
    • Au VIe siècle, la fête de la Dormition (mort de la Vierge et montée au ciel de son corps, pour les Eglises d’Orient (orthodoxes)) est déjà célébrée en Orient, vers la mi-janvier.
  • L’empereur Maurice (582-602) fixera définitivement cette fête au 15 août.
  • La fête arrive à Rome grâce au Pape Théodore (642-649), originaire de Constantinople.
  • En 813, le Concile de Mayence impose la fête à l’ensemble de l’Empire franc. Peu à peu, la fête va prendre le nom d’Assomption (l’Assomption chez les catholiques représente uniquement la montée au ciel du corps de la Vierge Marie)
  • C’est après la proclamation par Pie IX du dogme (vérité qu’on ne peut contester) de l’Immaculée Conception, dans le grand courant de dévotion mariale du XIXe siècle, que des pétitions commencent à affluer à Rome pour que soit officiellement défini le dogme de l’Assomption.
    • De 1854 à 1945, huit millions de fidèles écriront à Rome en ce sens ! Chiffre auquel il faut ajouter les pétitions de 1 332 évêques (représentant 80 % des sièges épiscopaux) et 83 000 prêtres, religieux et religieuses.
    • Face à ces demandes répétées, Pie XII, par l’encyclique Deiparae Virginis, publiée en mai 1946, demande à tous les évêques du monde de se prononcer. La réponse est quasi unanime : 90 % des évêques y sont favorables. La plupart des 10 % restant s’interrogent sur l’opportunité d’une telle déclaration, seulement six évêques émettant des doutes sur le caractère « révélé » de l’Assomption de Marie.

La procession nocturne aux flambeaux, pour la fête du 15 août, s’est pratiquée dans l’ Église de Rome dès les premiers siècles, puis a été supprimée par le pape saint Pie V au XVIe siècle. La procession mariale du 15 août

  • est généralement soutenue par des chants et de courts textes de méditation, ou simplement la prière du chapelet.
  • peut être marquée de quelques «stations», petits arrêts au cours de l’itinéraire choisi, où l’on vit un moment de prière.
  • observe aussi de longs silences pour la prière personnelle.
  • s’accompagne parfois de bénédictions comme par exemple la bénédiction des bateaux sur les plages ou dans les ports.

Le 15 août est un jour férié en France depuis 1638, date à laquelle Louis XII consacra le Royaume de France à la Vierge Marie, pour la remercier de lui avoir donné un fils (futur Louis XIV), après 23 années de mariage sans enfant. En 1638, pour accompagner son vœu, Louis XIII demanda que des processions en l’honneur de la Vierge Marie soit organisées dans tout le Royaume. Cette tradition a perduré et les processions en l’honneur de la Vierge Marie sont aujourd’hui encore très nombreuses

Marcher en procession, c’est prier en marchant :

  • prier avec son corps
  • aller d’un lieu à un autre.

Par des chants et des prières, la procession permet

  1. de rappeler les hauts faits du Seigneur,
  2. de lui en rendre grâce,
  3. d’implorer sa miséricorde

A l’occasion de l’Assomption qui fête l’entrée de Marie dans la gloire de son Fils, l’Église rappelle les bienfaits de Dieu par Marie, et implore la Mère de tous les hommes pour qu’elle nous conduise sur le même chemin de Vie

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s