Monique de KERMADEC, L’adulte surdoué à la conquête du bonheur – Rompre avec la souffrance, Albin Michel, 2016

Psychologie – Essai questionnant

  1. les rapports entre la pensée et la souffrance chez les adultes diagnostiqués à « haut potentiel » par un test de « douance » (QI > 130 – penser trop, trop vite, selon des clefs qui ne sont pas celles du commun des mortels, avec une intensité et une célérité trop forte)
  2. l’inconfort procuré par cette différence invisible

 

Ce que j’ai compris : 

Dans la société française, il est de bon ton de cacher son intelligence comme sa richesse tant elles suscitent méfiance(s) et brimade(s) puisqu’elles ne correspondent ni l’une ni l’autre à la sacro-sainte « norme » à laquelle chacun peut se référer (image idéale).  Pour s’intégrer à la société, l’individu à haut potentiel doit composer avec une société où les règles (efficacité et rentabilité jusque dans les liens sociaux, consommer avant d’être citoyen, égocentrisme/égoïsme d’une société libérale-libertaire)  ne correspondent en rien à sa soif de justice et d’authenticité

Mon avis : « (…) Les gens malheureux le sont chacun à leur façon » Léon Tolstoï, Anna Karénine 

Le problème est clairement identifié : Carence de lien avec le monde/l’autre entraînant solitude (bien qu’elle soit ontologique chez ces adultes) et incompréhension

La solution est aussi simple que difficile à mettre en place :

  • Réparer le lien reliant ces individus au monde (source d’amour nourricier, de reconnaissance constructive, d’affection fondamentale) et jouir de sa différence pour connaître le bonheur
    • comprendre la fragilité et les règles d’élaboration du (de l’absence, de la difficulté) du lien au monde
    • résister au syndrome de l’imposteur
    • se méfier de sa dépendance au QI, revoir ses critères d’intelligence, ne pas adopter la hiérarchie traditionnelle entre les disciplines
    • travailler d’autres formes d’intelligence (création (intelligence pratique), altruisme (intelligence émotionnelle), intériorité (intelligence spirituelle)) et en admettre les atouts et les bénéfices
    • ne pas étouffer sa créativité
  • Abandonner volontairement la souffrance portée comme l’étendard de son identité (muer) pour reconquérir une liberté positive
    • reconstruction d’une bonne estime de soi
    • ouverture à l’altérité : s’accepter et accepter l’autre dans sa plénitude et ses différences

Bref S’EMANCIPER (càd se libérer, se dégager d’une dépendance morale et des préjugés de son époque)

Difficile à mettre en place parce que l’identité psychique de la société est en pleine mutation : on passe d’une culture fondée sur le refoulement (ce qui débouche sur les névroses) sous forme d’absence-castration à une culture qui engendre la perversion (et les psychoses : fin de l’intime, modifications substantielles des relations amoureuses/travail, jeunesse et jouissance perpétuelle, exhibitions des attributs/accessoires (jeunesse, argent, relations sexuelles, cosmopolitisme, addictions pour échapper au désarroi)) d’exhiber en permanence ce qui se trouve dérobé.

 

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