Gaël FAYE, Petit Pays, Grasset, 2016

petit-pays     Prix FNAC 2016 – Prix du premier roman 2016 – Prix Goncourt des lycéens 2016 – Prix FETKANN! Maryse Condé (catégorie mémoire) – Prix 2016 du Roman des étudiants France Culture-Télérama – Prix Audiolib 2017

Roman initiatique / Roman d’apprentissage sur l’enfance (le temps d’avant la violence ?)

L’auteur assurera une lecture de son texte à la Maison de la Poésie (157 rue Saint Martin 75003 Paris) le 18 Janvier 2017

Au milieu des années 1990 (1993-1994), Gabriel a 10 ans et vit au Burundi avec sa famille (une petite soeur Anna, une mère Jeanne, réfugiée rwandaise, et un père jurassien, Michel). La guerre au Rwanda (génocide), l’attitude de la France, le début des émeutes au Burundi, l’abandon de sa mère et la mort de son père signeront la fin de son enfance …

Mon avis : « Être chez soi, c’est se sentir accueilli »

Ne croire qu’il n’y ait dans ce livre qu’un témoignage biographique serait une erreur. L’auteur fait revivre (brillamment) sa terre natale, la terre de son enfance, sujet qu’il avait déjà abordé ici

en perdant le lecteur entre un JE autobiographique et le JE de la narration.

A partir de cette errance, le lecteur partage alors l’expérience du vol de l’insouciance par le mur du silence (celui construit par les adultes qu’ils soient parents, simples citoyens ou politiques) qu’opposent les adultes aux enfants.

En se transcendant par l’écriture (l’auteur vient de la culture hip hop, voir les 15 chansons de son 1er album Pili Pili sur un croissant au beurre (2013) de son groupe Milk Coffee Sugar (alias MC’s (les Maîtres de Cérémonies))) par le poids de son imaginaire, Gabriel Faye donne autre chose à voir que l’image véhiculée par les Médias (désaliénation), voir à ce sujet

Evidemment, on ne fera pas l’impasse sur les autres thèmes

  • histoire personnelle  vs Histoire en marche (guerre (génocide) du Rwanda en 1994 désignée par les périphrases des adultes « la crise », « les événements »)
  • la question ethnique
  • les réfugiés et l’accueil (déplorable ?) qui leur est réservé (créant par la même les conditions d’un mal être qui engendrera d’autres guerres (psychiques, sociales, sociétales ou historiques))
    • ils quittent une terre qu’ils ont aimé et laissent derrière eux une famille, un quotidien, une terre qu’ils idéaliseront et tenteront de retrouver dans un hypothétique mouvement de retour
  • le problème de l’identité et de l’exil
  • le problème des classes sociales en Afrique (la neutralité n’existe pas : chaque décision engage et implique)
    • les riches (qui pillent le pays ?)   vs les pauvres (qui subissent) – cf) les toilettes à la campagne, le vélo de Gabriel
    • les « colons » (cf Jacques, le colon belge)  vs  les autochtones
  • l’importance de la musique
    • Le Crépuscule des dieux (Wagner) signe l’arrêt du petit paradis (son impasse) de Gabriel
    • la musicalité de la langue qui traduit même les gestes (quand les jumeaux jurent)

Par la proximité qu’il entretient avec ses personnages et l’amour qu’il a pour eux, Gabriel Faye nous propose un regard différent (le sien dans ce qu’il a d’unique, bien éloigné de la réalité vue par Hollywood) sur l’enfance, une terre que son héros quitte à regret, une terre qui a vocation à être quittée : la réhumanisation du réfugié  …

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2 réflexions sur “Gaël FAYE, Petit Pays, Grasset, 2016

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