Aurélie VALOGNES, Mémé dans les orties, Editions Le Livre de Poche, 2016

Roman sur la réception du 3ème âge
Humour

http://aurelie-valognes.com/

Ferdinand Brun, 83 ans, s’installe dans l’appartement de son ex-femme dont sa fille vient d’hériter. Misanthrope et bougon, sa seule présence perturbe l’organisation bien rôdée de l’immeuble. Quand Juliette, une petite fille surdouée, s’impose dans son quotidien, quelle sera sa réaction ?

Mon bémol : Une erreur semble s’être glissée dans le texte. La voisine de Ferdinand ne peut être la 1ère femme avocate, les dates ne correspondent pas. En fait la 1ère femme autorisée par la faculté de droit de Paris à étudier sur ses bancs fut Sarmiza Bilescu (roumaine) en 1884-1885. 1ère licenciée en Droit en 1887, elle obtiendra sa thèse en 1890. Jeanne Chauvin (celle que l’Histoire a retenu par patriotisme et parce qu’elle a eu le courage et le mérite de se battre pour obtenir le droit d’exercer sa profession) a obtenu sa thèse en 1892. Docteur en droit (Droit Romain et Droit Français), elle ne peut ni plaider, ni prêter serment (les femmes sont mineures à vie à l’époque).  Le 24/11/1897, elle demande son inscription au Barreau de Paris devant la Première Chambre de la Cour d’appel de Paris : demande rejetée dans un arrêt du 30/11/1897; il reste le débat parlementaire … En 1899, la Chambre des députés devait débattre 2 ans durant de la proposition de loi déposée par René Viviani et plusieurs collègues avocats, ayant pour objet de permettre aux femmes d’exercer la profession au nom du «principe de l’égalité d’accès à la profession d’avocat, à égalité de diplôme».  La loi passa le 01/12/1900. La 1ère femme à prêter serment fut Mme Olga Petit (russe), le 06/12/1900 (24H après la promulgation de la loi). Jeanne Chauvin prêta, elle, serment le 19/12/1900 …

A noter : Le mot « avocate » n’existe que depuis 1999 !

Mon avis : Une vision décalée des maux dévolus au 3ème âge ….

Le titre incite à penser à un roman policier. Il n’en est (presque : qui est cette mémé qui serait dans les orties ?) rien.

Une concierge intrusive (qui défend la mémoire de l’ex-femme), des voisines envahissantes (qui lancent des rumeurs insensées sur sa vie privée ou qui s’incrustent à déjeuner), une famille proche absente (travail à Singapour) et vous voilà taxé de pervers, de meurtrier, d’homme à abattre. Que faire dès lors pour se défendre ?

  • Déménager et laisser la méchanceté et la bêtise gagner ?
  • Se taire et souffrir en silence ?
  • Se défendre et rester soi-même, quitte à en rajouter pour faire bonne mesure ?

Un éclat de rire pour pied de nez aux rumeurs malveillantes, à la bêtise crasse, à l’ignorance de bon ton, à la médisance, à la malveillance next-door … L’auteur souligne, en l’appliquant à un vieillard, le harcèlement moral ordinaire, celui qui fait de votre vie un enfer sous prétexte qu’une personne (une seule suffit) vous désigne comme sa tête de turc, bouc-émissaire à toutes ses frustrations.

Quand le racisme anti-vieux est pratiqué par les vieux eux-mêmes, que reste-t-il à espérer de notre société eugéniste ?

 

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Une réflexion sur “Aurélie VALOGNES, Mémé dans les orties, Editions Le Livre de Poche, 2016

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