Julien DUFRESNE LAMY, Deux cigarettes dans le noir, Editions Belfond, 2017

deux-cigarettes-dans-le-noir     Roman sur la maternité

2009, Banlieue parisienne – Clémentine est enceinte de Bruno, son premier amour. A terme, seule, elle part accoucher. Une voiture file dans le noir de la nuit. Une cigarette au volant percute une cigarette sur la route et prend la fuite sous les yeux d’un témoin … Qui est au volant ? Qui git à terre ? Quelles conséquences ?

Mon avis : Le deuil de la parentalité idéale dans une société qui l’est beaucoup moins …

Une très belle histoire qui pointe

  • les difficultés pour les mères à faire respecter leurs choix et le rôle des grands-parents
  • la confusion des rôles et la solitude/la dépréciation de ses propres compétences
  • l’inertie et l’aveuglement de la société qui laisse tomber ses forces vives

Idéalement, on devient parent une fois marié (pour toujours avec la compagne/le compagnon de son choix) et pourvu d’un logement (une maison). Dans les faits, la société des grincheux et des aigris peut aller se rhabiller : les couples divorcent/se séparent plus vite que leur ombre et sans aide familiale/fortune personnelle ou job archi bien payé (à défaut d’être humainement épanouissant), la maison se profile à l’aube de la retraite (dans le meilleur des cas) …

Devenir parent, c’est

  1. aimer (soi, les autres, son/ses enfant(s))
  2. naître (à soi, au monde) autre
  3. choisir (donc renoncer (à sa vie de célibataire/célibattante) à ce que l’on n’a pas choisi)
  4. transmettre (ses valeurs, à défaut celles de la société)

Autrement dit, faire son deuil

  1. de la subordination mère/fille pour une relation d’adulte respectueux à adulte bienveillant,
  2. de la solidarité professionnelle (règne du chacun pour soi / aspect fédérateur du bouc émissaire) pour la précarité
  3. d’un couple sans accroc

Si l’on y parvient, si la famille / les voisins / les « amis » / la société nous laisse faire, alors on a une chance de s’élever vers le Beau (ici la danse représentée par Pina Bausch), le meilleur de nous-même. Dans le cas contraire, la chute nous coupera les ailes. Et au final, ce sont les enfants qui trinquent …

 

 

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