Jessica L.NELSON, Debout sur mes paupières, Editions Belfond, 2017

debout-sur-mes-paupieres    Roman sur la maternité
Enquête sur l’acte de création

Elisabeth, la petite quarantaine, provinciale (Lille) montée à Paris (17ème) depuis son mariage, est

  • la fille de Léonard (prof de sport) et Mary (orpheline anglaise, mère au foyer), ils tiennent un gîte dans le Nord
  • une ancienne danseuse sportive,
  • l’épouse d’Alexandre (banquier),
  • la mère d’Ulysse (en primaire),
  • sculptrice

tente

  1. de monter sa 2nde expo « Galactophore » (une étude sur la poitrine)
  2. de comprendre Lee Miller, dont elle se sent si proche

De toute ces casquettes, laquelle nourrit l’artiste quand elle crée ? Laquelle la détruit ? Céline, l’éditrice du narrateur, parviendra-t-elle à lui éviter de se noyer dans son sujet ?

Mon avis : Une vision brouillée pour un dénouement inattendu …

Une confusion des genres (exobiographie de Lee Miller / roman / essai sur la création / enquête policière) prétexte à explorer le tsunami d’une maternité (gestation d’un enfant, d’un livre, d’une oeuvre) non désirée puis acceptée, rêvée enfin mais qui se refuse à la fin et engendre la mise en retrait / l’abandon (feinte ou réalité ?).

Entre

  • Elisabeth M., sculptrice connue et sujet du roman de la narratrice,
  • Lee (Elizabeth) Miller (son sujet/son double)
  • la narratrice

la reconnaissance vire à la folie et y entraîne le lecteur (qui est Debout sur les paupières d’Elisabeth M.? L’éditeur (Céline ou Belfond ?), le narrateur ou le lecteur ?).

Et si cette folie était la schizophrénie de la société occidentale pour qui

  • le nombre d’enfants (le renouvellement des générations) est vital mais qui n’a pas suffisamment de places de crèches, de professeurs remplaçants ou titulaires, d’aide à domicile pour libérer les parents, de logements près des lieux de travail pour réduire les temps de transports

tout en considérant, comme au XIXème siècle, que

  • une mère est forcément égoïste quand elle fait carrière (écrit/sculpte) alors que le père se fait nourricier quand il travaille
  • le destin d’une femme est de se dérober tout en se pliant à la contrainte (gare à celles qui ruent dans les brancards, elles le paient au mieux de leur tranquilité au pire de leur vie !) voire d’exister par procuration à travers le destin de l’homme qu’elle s’est choisi  ?

Ce roman souligne

  1. la difficulté de concilier sans culpabilité ses rôles de femme, mère ET de travailleuse (voir la sculpture d’Elisabeth M. « les mains d’adulte modelant des mains d’enfant »)…
  2. le tort que les femmes s’infligent à elles-mêmes (absence de confiance en soi) et aux autres femmes (désirer ce qu’elles n’ont pas, se comparer à d’autres)

A bon entendeur ….

 

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