Stephanie DES HORTS, Pamela, Editions Albin Michel, 2017

Exobiographie (biographie romancée) de Pamela Beryl Digby, belle-fille de Winston Churchill

Quel est le destin d’une femme de l’aristocratie anglaise au début du 20ème siècle ? Se marier !

Fille d’Edward Kenelm Digby, 11ème baron Digby de Geashill, lord lieutenant de Dorset, propriétaire désargenté du Domaine de Minterne Magna), épouse de Randolf Churchill (et donc belle-fille du « Lion »), mère de Winston Jr, Pamela (1920-1997) ne l’entend pas tout-à-fait de cette oreille et croquera la vie par les 2 bouts : amante ingénieuse et industrieuse (Charles « Fulke » Greville, septième comte de Warwick, Philippe Dunn, le mari d’une amie, Gianni Agnelli, le roi de l’automobile, le baron Élie de Rothschild, le prince play-boy Ali Khan, le légendaire reporter Edward R. Murrow, le célèbre armateur Stávros Niárchos), épouse diplomate (Randolf Churchill, William « Leland » Hayward, le producteur de Broadway, W. Averell Harriman, le gouverneur de New York), elle acheva sa vie dans la piscine du Ritz (l’hôtel où elle était descendue avec son 2nd mari quand ils étaient venus négocier les droits de La Mélodie du bonheur et où elle a emmené Gianni Agnelli lors de leur première escapade parisienne) … Elle était alors l’ambassadrice des États-Unis en France (1993-1997) et la première femme à occuper ce poste …

Mon avis : L’application du « Girlpower » par une self-made-woman, la plus belle (et la plus douée ?) des agents de liaison ! 

Boulotte mais intelligente, assez fine mouche pour se consacrer à l’ascension sociale et à l’enrichissement de chacun de ses hommes (le rêve d’une Zahia), Pamela a choisi de se distinguer dans la Conquête du Pouvoir (un hobby comme un autre ?) en jouant avec les hommes de sa vie le rôle de Pygmalion au lieu de se fondre dans le décor aseptisé de l’univers des débutantes. Son arrière-grand-tante Jane avait choisi une vie tout aussi scandaleuse au XIXème siècle et avait troqué son rôle de digne épouse de sir Edward Law, premier comte d’Ellenborough, pour des liaisons plus scandaleuses (le prince Felix zu Schwarzen­berg, un diplomate autrichien, le roi Louis Ier de Bavière puis son fils cadet, le roi Othon Ier de Grèce, un comte grec, Spyridon Théotokis et le cheikh bédouin Abdul Medjuel El Mezrab).

« Chaque instant a son utilité, chaque défaite est une victoire » (p.14) aurait pu être le mantra de cette Thaïs moderne, ce caméléon qui favorisa la moindre opportunité et su se hisser à la force du poignet (discipline, concentration, volonté, organisation, patience, attention aux détails) jusqu’aux plus hautes marches.

Qui était vraiment Pamela ? Une garce ou une irrésistible courtisane ? Une « salope » (p.96) ? Une « pute » (p.103) « magnétique et consentante » (p.108) ? Ou une petite-fille blessée dans son amour-propre qui chercha le regard d’un père en chacun de ses amants ?

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Une réflexion sur “Stephanie DES HORTS, Pamela, Editions Albin Michel, 2017

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