Gentille MENGUIZANI ASSIH, Le Rite, la Folle et moi, Co-production Karoninka et Ardèche Images Production, 2012

Documentaire (coproduction franco sénégalaise) sur l’akpema (initiation des jeunes filles en pays kabié dans le nord du Togo) qui se confond avec l’histoire personnelle de la réalisatrice
Film de 86 mn en VOSTF

Lors de son propre akpema, Gentille (la réalisatrice) a appris de la bouche de Kougnondou (la folle du village de la lignée paternelle) les véritables raisons de la répudiation de sa grand-mère paternelle Pitalou. Elle n’aura de cesse d’aider

  1. sa famille et son père à retrouver leur honneur et leur dignité
  2. sa petite sœur, Aïcha Meweyena Assih, lors de son propre akpema en 2010, à discerner la vérité (l’injustice d’une répudiation non méritée, déshonneur transmis à la lignée de Pitalou) du mensonge social qui a pourri l’enfance de leur père.

Mon avis : Une psychanalyse familiale …

La résilience qu’a apporté l’akpema à la réalisatrice porte néanmoins l’empreinte d’une certaine violence, ici tempérée par la tendresse (ton employé lors des interviews et entretiens) que la réalisatrice porte à sa famille proche (père, sœur) et élargie (oncle, tante, cousins)

  • porter sur la place publique (réalisation et diffusion d’un documentaire) un problème familial (donc privé)
  • dévoiler un secret familial
  • refuser de transmettre un mensonge

En réponse à une injustice

  • sociale
    • la répudiation d’Apilou pour infidélité, sans explications données à son fils
      • aigreur et jalousie des co-épouses envers la préférée du chef (l’une de celles qu’il s’est choisies le jour de l’akpema), jeune fille d’un autre village accouchant d’un fils 1er né ressemblant comme 2 gouttes d’eau à son père
      • loyauté d’Apilou envers Kougnondou (elle a couvert son infidélité) qui, avant d’être marié au chef, avait promis au frère du chef, dont elle était amoureuse, de l’épouser
      • faiblesse morale du chef qui, au courant de la conduite de Kougnondou et du complot des co-épouses, a choisi de commettre une injustice pour ne pas perdre la face
  • sociétale
    • simuler la folie pour avoir la paix (le choix de Kougnondou)
    • se taire, ne pas répliquer pour être nourri (le père de Gentille et Aïcha pendant son enfance (il avait 10 ans lors de la répudiation de sa mère)
  • psychologique
    • le fils, Agbétébé, croyait qu’Apilou était partie sans lui car « elle riait trop fort » !
    • soupçons sur sa véritable filiation avec le chef Aksé Robert Assih
    • vengeance des co-épouse sur le fils de l’épouse préférée : refuser de le nourrir, insulte(s), vexation(s) …
    • La fille ainée d’Agbétébé, Gentille, est le portrait craché d’Apilou
      • Agbétébé lui a fait subir, sans en être conscient, la violence éducative qu’il a lui-même subi petit de la part des co-épouses de son père

le témoignage personnel devient un prétexte pour

  • aborder, dans cette partie du Togo, le problème
    1. du poids (et du bienfait) des rites dans la société
    2. du patriarcat (et son évolution),
    3. de la place des femmes (et son évolution)
    4. de l’émigration (faut-il partir loin de l’Afrique pour être libre de vivre comme on l’entend ?)
  • remettre chaque membre de la famille à sa véritable place (organisation horizontale (« vous êtes tous des orphelins maintenant ») et non plus verticale (Agbétébé ne doit plus s’écraser devant ses frères)

Cela, seul un rite (l’akpema ou le retour d’Apilou en la personne de Gentille ?) magique pouvait le réussir …

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