Exposition au Grand Palais jusqu’au 31 juillet 2017 : « l’exposition du centenaire »

     Centenaire de la mort de RODIN (1840-1917) –  Le site Rodin100.org répertorie les manifestations qui vont avoir lieu partout en France (et dans le monde) à cette occasion

L’exposition (200 œuvres du sculpteur) propose un regard nouveau sur l’artiste protéiforme

  1. convoquant
    1. ses collectionneurs
    2. les artistes
      • de son temps : Bourdelle (élève de Rodin pendant 15 ans), Claudel, Brancusi, Picasso ou Richier
      • contemporains
  2. donnant à voir et à comprendre son originalité instinctive attirée par l’accident, disponible au hasard

Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux – Grand Palais et le musée Rodin, Paris

Auguste RODIN est considéré aujourd’hui comme l’un des pères de la sculpture moderne. Pourtant, il tomba dans l’oubli après sa mort. Sa redécouverte se fit en 2 temps

  1. redécouverte de ses techniques dans les années 20
  2. les années 60 et le retour à la figuration / à l’expressionnisme

On entre dans sa légende avec L’Âge d’airain (aussi appelé L’homme qui s’éveille ou Le Vaincu), une sculpture qui fit scandale d’emblée (sinusoïde à l’Antique, accusé de surmoulage, loué cependant par la critique).

« La poire molle » (c’est ainsi que son père appelait Rodin) pratique le dessin de façon autonome et entre à la Petite Ecole avant d’échouer par 3 fois aux Beaux-Arts. A la mort de sa sœur, il entre au couvent où un prêtre le convaint qu’il n’est pas fait pour entrer dans les ordres, en sort, loue une écurie ouverte à tous les vents (L’homme au nez cassé – 1863), suit Carrier Belleuse à Bruxelles, voyage dans le centre de la France, en Italie (1875) …

En 1880, Rodin reçoit la commande de La Porte de l’Enfer (jamais fondue du vivant de Rodin, inspiration de La Porte du Paradis de Giberti, lui-même inspiré par la Divine Comédie de Dante) pour un musée qui ne sera finalement jamais construit

  • 200 figures (certaines en ronde bosse) : toutes les sculptures de Rodin en sont issues (totalement ou partiellement)
    • construction d’un enfer humain
    • voir où l’on se situe dans l’infini
    • représenter autour de soi

L’évolution de sa technique

  • le tactile,
  • s’évader de la forme jusqu’à la pure essence (symbolisme)

nourrit les débats de l’histoire de l’art

  • rôle du cadre / du socle,
  • hiérarchisation peinture / sculpture,
  • le Beau vs le Réel

et est nourrit (entre autre) par la problématique de son époque : la mutation du temps

  1. révolution de l’espace
    • technique
      • locomotion : passage du cheval à l’aviation
      • télécommunication
      • image (photo – cinéma)
      • recul de l’horizon (grandes découvertes – colonisation)
    • imaginaire
      • changement de perception du temps
        • 1880 – Henri Poincarré et les prémices de la théorie de la relativité
        • 1905 – Einstein formule sa théorie sur la relativité
        • 1810 – la littérature vulgarise cette notion (G.Wells et La Machine à remonter le temps (1895), M.Duchamps, Malevitch, les cubistes, Duchampveillon, les philosophes tel Bergson in Essai sur les données immédiates de la conscience (1889), James (USA) et Nietzsche (Allemagne) refusent le découpage temps/espace) qui se diffuse dans la sculpture
  2. révolution de l’esthétique
    • Comment restituer la vie/le mouvement (transition d’une attitude à une autre) à une époque où tout va vite ?
      • la restitution du ressenti en peinture et sculpture
        • les impressionnistes et leur recherche sur la lumière
        • la sculpture et la perception du mouvement (cf le débat du 19ème siècle sur la bonne manière de représenter les chevaux (voir Géricault) –> illusion de la course) : l’Art suggestif
          • si l’essence de la vie est la mouvance, alors l’ (ex)tension représente le mouvement (cf L’Enfant prodigue (Rodin)) –> impression/synthèse du mouvement (cf St Jean Baptiste et sa synthèse de la marche – les 2 pieds sont au sol // L’homme qui marche de Giacometti)
          • Rodin et la théorie des profils (plusieurs appréhension du même personnage) : la duplication
          • faire venir la vie de l’intérieur jusqu’à la peau et non plus « se contenter » de reproduire le réel (« C’est le regardeur qui fait la sculpture » disait Duchamp)
      • la science et l’analyse
        • la photographie (François Willem et la photosculpture (technique rejetée par Bergson et Rodin)
      • la musique et l’expérience intérieure du mouvement

Avant Braque, Picasso, Matisse et tant d’autres, il intègre « l’accident » dans son travail et invente l’oeuvre non finie, la figure partielle, l’assemblage et le collage (en effet, Rodin, contrairement à Camille Claudel, n’est pas un sculpteur mais un modeleur).

Mon avis : Centenaire oblige, un parcours riche, très riche, trop riche ?

L’étude d’Auguste Rodin est inscrite, à partir de cette année scolaire et pour trois ans, au programme d’enseignement de spécialité d’arts plastiques au choix, en série littéraire, au titre des œuvres et thèmes de référence du baccalauréat

  • En s’appuyant sur des œuvres, des démarches et des processus significatifs de l’œuvre d’Auguste Rodin, l’ouvrage Rodin de Guillaume Gaudet, Véronique Mattiussi, Pierre-Michel Menger et Sophie Biass-Fabianil (Réseau Canopé) donne des clés de lecture pour investir l’entrée du programme portant sur «l’espace du sensible» et ce qu’est «faire œuvre»

Pour approfondir la découverte du Génie, expo KIEFER/RODIN du 14/03 au 22/10/17 : http://www.musee-rodin.fr/fr/exposition/exposition/kiefer-rodin

C’est une nouvelle manière de regarder Rodin et de lui donner sa contemporanéité en liant l’esthétique rodinienne

  • non finito
  • retisser l’étoffe de l’histoire (l’époque de Rodin  été traversé par le pessimisme (il a connu la Commune de 1871, les crises économiques (agricoles et industrielles), les courants de son époque (positivisme, rationalisme, abandon de la spiritualité, succès de l’ésotérisme), la première guerre mondiale) tout comme la nôtre)
  •  déhiérarchisation des matériaux (du marbre au plâtre et à la terre)

aux thèmes contemporains

  • refus de la société de consommation,
  • auto alimentation de l’Art,
  • notion de collection,
  • abandon des idéaux (capitalisme, communisme, progrès linéaires de l’Histoire, utopies réduites en cendre)
  • caractère fragmentaire (assemblage // modelage) de l’énergie du mouvement

Seule la Foi en quelque chose permet de ressusciter l’espoir de construire quelque chose (un monde nouveau ?)

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