Naomi WOOD, Mrs Hemingway, Editions Quai Voltaire, 2017

    Roman
Biographie en creux de l’écrivain/journaliste et correspondant de guerre Ernest Miller Hemingway (1899-1961), Bronze Star (1947), Prix Pulitzer de la fiction (1953, Le vieil homme et la mer) et Prix Nobel de Littérature (1954)

Portrait en creux d’Hemingway à partir du point de non retour de chacun de ses 4 mariages

  1. Elizabeth Hadley Richardson (1891-1979) et son infinie tendresse
  2. Pauline Marie Pfeiffer (1895-1951), la plus courageuse
  3. Martha Ellis Gellhorn (1908-1998), la plus indépendante
  4. Mary Welsh Hemingway (1908-1986),

Mon avis : Hemingway, une conception kantienne de l’amour ?

Pas moins de 3 bourses (dont une de recherche doctorale) et une résidence d’écrivain ont été nécessaire pour écrire ce livre, portrait d’une génération perdue (entre ivresse permanente et immoralité), déroulement de la psychologie masculine (En avoir ou pas) et de son impuissance à comprendre la psyché féminine, vie intérieure marquée par la tragédie (suicide de son père, dépression) ou encore quête insensée du bonheur  …

Il existe 5 conception du mariage

  1. sacramentelle (dimension mystique) : préfiguration du lien unissant l’Homme et le Créateur à la suite du jugement dernier
  2. séculière (laïque)
  3. moralisatrice : régulateur des pulsions
  4. pragmatique/agnostique : c’est un simple contrat
  5. individualiste/opportuniste : oui aux avantages, non aux inconvénients

Or, selon Kant, «le mariage est la possession réciproque des organes sexuels du conjoint» (Métaphysique des mœurs, 1797). Le mariage serait donc l’acte par lequel deux personnes s’accordent la propriété réciproque de leurs organes sexuels. Une définition qui souligne

  • la dimension révolutionnaire du mariage : là où il y avait domination unilatérale, il rétablit de l’égalité et de la réciprocité (je me donne à autrui, je m’offre à son pouvoir, au risque de me voir réduit au rang d’homme-objet ou de femme-objet…)
  • la transformation de la jouissance charnelle en expérience morale (instauration entre les époux un « rapport d’égalité dans la possession ») : autrui n’est plus
    • un moyen mais une fin,
    • un objet que l’on détient mais un sujet que l’on respecte (« L’usage naturel qu’un sexe fait des organes sexuels de l’autre est une jouissance pour laquelle chacune des deux parties se donne à l’autre, note Kant. Dans cet acte, un être humain fait de lui-même une chose, ce qui entre en contradiction avec le droit de l’humanité dans sa propre personne. Cela n’est possible qu’a l’unique condition que, quand une personne acquise par l’autre comme chose, elle fasse en retour l’acquisition réciproque de cette dernière ; car ainsi elle se reconquiert elle-même et rétablit sa dimension de personne. »)

Selon Emmanuel Kant, le mariage devient dès lors un outil de résistance et de dignité pour les plus vulnérables. Aux femmes, aux hommes qui vivent la relation sexuelle comme un rapport de force, il donne cet espoir : face à ceux qui traitent leur semblable comme un moyen parce qu’ils en ont, eux, les moyens, le contrat matrimonial permet de se faire respecter, au moins un minimum. Par la grâce du mariage, les dominés peuvent posséder les dominants à l’instant même de s’offrir à eux.

Reste qu’à la toute fin, on ne peut que se demander si le bonheur se trouverait dans le renoncement …

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