Gwendoline FINAZ DE VILLAINE, Les Brumes de Granville [série], collection « Fiction », French Pulp Editions, 2017

                Roman – Enquête – Mystère (métempsychose) au lendemain de la Première Guerre Mondiale

Apollonie Destrac, orpheline de 17 ans, a passé 6 ans au Couvent de l’Abbaye de Jouarre (77). Dans l’obligation de travailler pour subvenir à ses besoins, possédant des « dispositions » en musique (chat lyrique et piano), elle accepte, sur la recommandation de sa tante Léonie, femme de chambre, d’occuper les fonctions de Professeur de Musique des jumelles Montfaucon, au château de Granville …

  • Tome 1 « Monotropa Uniflora » – Dès son arrivée, les choses se passent mal pour Apollonie
    • les jumelles Montfaucon montrent leur vrai visage, celui de pimbêches tyranniques : Apollonie parviendra-t-elle à garder sa place ?
    • un fantôme prétendant avoir été assassiné lui demande son aide : qui est-il ? Pourquoi Apollonie est-elle la seule à pouvoir l’entendre et le voir ?
    • elle se retrouve en situation compromettante
    • un œuf de la collection Fabergé de feu Mr le Comte disparaît : Par qui et pourquoi ?
    • elle est retrouvée presque battue à mort dans le petit bois attenant au château : sur ordre de qui ?
  • Tome 2 « Les folies de Paris » – Hector de Montfaucon n’a plus aucun souvenir d’Apollonie. Pire, revenu d’entre les morts, il est poursuivi par le fantôme de sa soeur Elélonore, morte noyée à 4 ans dans le lac de Granville. Que lui reproche-t-elle ?
    1920-Apollonie a fui à Paris. Devenue meneuse de revue aux Folies Bergères, cèdera-t-elle aux avances de Wolski, un prince russe ?
  • Tome 3 « Le Seigneur de Venise » – Hector de Montfaucon ne s’est pas présenté devant l’autel pour épouser Apollonie : Le retrouvera-t-elle afin qu’il s’explique ?
    1925 – William, libéré, apprend à Apollonie qu’Artus de Montfaucon est toujours vivant et qu’il habite à Venise … Aidera-t-il Apollonie à retrouver le père de son fils Jean ?

Mon avis : De la comédie humaine à la poésie de la botanique, il n’y a qu’un pas …

Un roman social, aussi délicat qu’une dentelle de jeune fille qui mêlent sorcellerie (magie blanche, prières), socialisme et métempsychose dans l’atmosphère capiteuse de l’espoir d’un retour à la normale !

De la poésie (« Un spectre fait de grâce et de splendeur » (Baudelaire) ) à la réflexion sur les relations amoureuses (la Monotropa Uniflora) toxiques, l’auteur trace l’évolution (et le changement) de la génération des « Plus jamais ça » (« On croit mourir pour la Patrie et on meurt pour les industriels » – Anatole France) : le sort des Parvenus, la chute de l’Aristocratie, le sort des soldats revenus du Front, les espoirs des domestiques, l’infériorité sociale (servitude volontaire) des femmes (oscillant entre La Belle aux Bois Dormant et Cendrillon)…

Le happy end du tome 3 gâche malheureusement cette fresque sociale

  1. en ravalant le personnage d’Apollonie à celui d’une ado têtue et passionnée (aaaaaaaahhhhhh le mythe de la femme éternelle mineure !) prête  à tout sacrifier par amour (le mythe de la Vierge) même sa dignité (le mythe de la putain)
  2. en enfermant le personnage d’Hector de Montfaucon dans le rôle du mufle misanthrope

J’aurai préféré une autre fin (mais elle aurait été à rebours des moeurs de l’époque), moins catholiquement-compatible …

Par contre, la description de la Venise mussolinienne de 1926 (trop succinte à mon goût) donne une vision très contemporaine au roman : chacun chez soi et Dieu pour tous !

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