Béatrice NICODEME, L’anneau de Claddagh [série], Gulf Stream Editeur, 2015

       Romans d’initiation (trilogie) unissant le surnaturel des légendes irlandaises aux sources de l’émigration irlandaise au XIXème siècle (la Grande famine de 1845-1849, voir https://www.retronews.fr/actualite/la-grande-famine-dirlande)

Le 05 septembre 1828, Morna met au monde chez sa mère Ina sa fille Keira (la noire). La nuit même de la naissance de sa petite-fille, un « dullahan » (fée malveillante) vient chercher Ina qui conclut un pacte avec elle : le dullahan prendra son corps mais son âme restera près de Keira tant qu’elle aura besoin d’elle …

  • Seamrog (2015) : (signifie « trèfle » en gaélique)

1846 : Keira, devenue femme de chambre de la vicomtesse Winterbottom, rencontre Arthur Carmichael lors d’une veillée contée. Destiné à épouser Clémentine Winterbottom (ou toute autre héritière bien née) et à siéger à la chambre des Lords, ce dernier tombe amoureux de Keira et lui propose de partir avec lui en Amérique. Keira acceptera-t-elle d’abandonner sa mère, son pays, son foyer pour le suivre ?

  • Stoirm (2016) (signifie « tempête » ou « orage » en gaélique) – Février/Mars 1847, Keira embarque sur le Deux mâts Lady Charlotte à destination de New York. Entassée à fond de cale avec des compagnons d’infortune, Keira parviendra-t-elle à bon port ?
  • Bliss (2016 – signifie « félicité » en gaélique) – Pour éviter à Galvin (le fils de ses voisins en Irlande) d’être jeté par dessus-bord (passager clandestin), Keira doit interrompre son voyage à Saint Jean (Nouveazu Brunswick, Canada) et prendre soin de lui en plus d’elle-même. Comment dès lors retrouver Arthur, l’amour de sa vie ?

Mon avis : Une prometteuse trilogie à l’écriture cinématographique

Le « Claddagh ring » est un bijou traditionnel irlandais (offert pour des fiançailles ou porté comme alliance) créé au 17ème siècle sous le règne de Mary II d’Angleterre. Il symbolise l’amour (le cœur), la fidélité (la couronne) et l’amitié (les mains). En fonction de la manière dont est portée l’anneau et de la direction de la pointe de la couronne, la jeune femme indique aux autres si son cœur est pris ou non (comme les têtes de coiffes de cérémonie en Martinique). 3 légendes y sont associées

  1. Margaret Joyce (clan Joyce de Galway) se maria avec un marchand espagnol, Domingo de Rona et le suivit en Espagne mais il mourut et lui laissa une grande somme d’argent. Elle retourna en Irlande, puis, en 1596, épousa Oliver Ogffrench, le maire de Galway. Elle construisit par charité avec l’argent de son héritage des ponts à Connacht. En récompense, un aigle déposa la bague de Claddagh sur ses genoux
  2. Un prince tomba amoureux d’une servante. Pour convaincre le père de cette dernière de sa bonne foi, il fit confectionner une bague avec deux mains pour représenter l’amitié, une couronne pour la loyauté et un cœur pour l’amour. Il demanda la servante en mariage avec cette bague. Une fois que le père eut entendu l’explication des symboles de la bague, il donna sa bénédiction au prince
  3. Richard Joyce quitta sa ville natale de Galway pour aller travailler dans les Caraïbes, projetant de se marier à son véritable amour lorsqu’il reviendrait. Mais son bateau fut capturé et il fut vendu comme esclave à un forgeron maure. À Alger, avec son nouveau maître, il fut formé à son art. Quand Guillaume III devint roi, il demanda aux Maures de relâcher tous leurs prisonniers anglais. Richard Joyce fut alors libéré. Le forgeron avait un tel respect pour Joyce qu’il lui proposa d’épouser sa fille et d’obtenir la moitié de sa fortune, s’il restait. Joyce refusa et retourna chez lui pour épouser son amour qui l’y attendait toujours. Pendant le temps qu’il passa chez les Maures, il forgea une bague pour témoigner de son amour. À son retour, il lui offrit la bague et ils se marièrent

Je pense que la vie amoureuse des personnages d’Ina et Morna s’inspirent des 2 premières légendes.

Emportant son lecteur entre histoire et fantastique, l’auteure construit là des personnages attachants dont les ressorts psychologiques sont encore partagés dans nos vies modernes

  • accueil des migrants (indifférence, exploitation)
  • phénomène d’emprise (cf Cahill, Timms) : atteindre l’autre par un intermédiaire innocent (Martha)
  • perversité narcissique : homme qui cherche à dominer les femmes parce qu’elles lui font peur
  • cause de toutes les injustices
    • goût du Pouvoir
    • Peur

Garder confiance en soi quoi qu’il arrive, aussi chaotique que soit le chemin !

 

 

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