Annelise HEURTIER, illustrations ELICE, Danse, Hinatea !, Editions Au Vent des Îles, 2015

    Album sur la confiance en soi


Hinatea (« celle qui vole » en tahitien), une jeune vahiné, doit passer son 1er examen de ‘Ori Tahiti (danse traditionnelle) au Conservatoire. Paralysée par le stress, elle demande à son arrière grand mère Reuta (« la femme du silence ») « ancienne meilleure danseuse de tout Tahiti », de lui faire répéter les mouvements (« Tairi Tamau ») afin qu’ils soient juste … parfaits !
Y parviendra-t-elle ?

Danse, Hinatea ! - Roger et son orchestre traditionnel     Mon avis : Il n’y a pas de magie ni de hasard, tout travail bien fait commence par la confiance en soi !
L’auteure s’est installée depuis + de 10 ans en Polynésie et a eu l’idée de cet album en prenant elle-même des cours au Conservatoire artistique de Tipaerui.
On peut reconnaître dans les aquarelles d’Elice (qui pourtant n’est jamais venue sur place : elle a composé ses aquarelles à partir d’une documentation et de photos envoyées par l’auteure), qui par ailleurs avait déjà travaillé avec l’auteure pour Bertille au chocolat chez Alice Editions, des éléments du quotidien

  • les professeurs / musiciens et locaux du conservatoire (auquel est dédicacé l’ouvrage),
  • le quotidien des Polynésiens (paquet de biscuits Sao, boite de jus Rotui, bouteille de Vaimato, fleurs de Purao)

Un très bel album qui enchantera les amoureux de la Polynésie et/ou la fera découvrir à ceux qui ignore encore quelle débauche de joie et couleurs elle peut receler !

A noter :

Chaque année en juillet (en 2016 à partir du 07 juillet) se déroule à Tahiti le concours de danses, costumes et chants traditionnels « Heiva i Tahiti », rendez-vous incontournable de la culture polynésienne (pour l’année 2016, inscriptions ici jusqu’au 29/01/2016 : http://www.maisondelaculture.pf/accueil/64-2014-12-30-00-42-09/2175-les-inscriptions-au-heiva-i-tahiti-2016-)

En 1819, le roi Pomare II interdit toutes les danses et autres « Heiva » (divertissement) soupçonnés d’être des activités à la morale douteuses (sous l’influence des pasteurs protestants de l’époque). Afin de faire disparaitre toute trace d’expression païenne (associée comme le tatouage à la nudité, donc à l’impudeur), d’autres lois sont édictées par la suite avec la même intention.

Le gouvernement français tolérera ces démonstrations tout en les réglementant rigoureusement : en  1847 la loi n’autorise plus la danse que dans certains lieux et le mardi et le jeudi uniquement (la danse « upa upa » sera elle totalement interdite dès 1849).

Il faudra attendre les premières célébrations du 14 juillet en Polynésie en 1881 pour que les danses traditionnelles se montrent au grand jour : le « Tiurai » (de l’anglais « july » qui veut dire juillet) permet alors d’associer les Polynésiens aux réjouissances. A l’époque, les « Tiurai » sont souvent les seules occasions pour les populations des archipels de sortir de leurs îles et de se retrouver  et y montrer la plus belle parure, la plus belle pirogue ou le plus beau chant.

En 1956, Madeleine Moua et sa troupe « Heiva » révolutionnent l’image du « Tiurai » en posant les bases du « Ori Tahiti » (danse tahitienne) et à partir de 1961

  • la création de l’aéroport de Faa’a,
  • la mondialisation grandissante
  • le développement du tourisme

vont permettre aux troupes de danser plus régulièrement, voire même de se produire sur des scènes internationales.

En 1985 que le « Tiurai » perd son nom d’origine pour marquer l’accession du territoire à l’autonomie : Gaston Flosse, alors président du Gouvernement polynésien, le baptise « Heiva i Tahiti ».

Il existe, dans la danse tahitienne d’aujourd’hui, quatre grands types de danse ( » ‘ori ») que les musiciens accompagnaient traditionnellement avec un nombre limité d’instruments : essentiellement, pahu, tō’ere (tambour à lèvres) et vivo, flûte nasale :

  1. Le ‘Ōte’a : à l’origine danse guerrière, réservée aux hommes qui exécutaient des battements latéraux avec leurs jambes légèrement écartées, les genoux pliés, ce qui donnait une forme arquée à leurs jambes, d’où le terme « te’a » qui signifie « are« . Elle est devenue la danse la plus célèbre des danses tahitiennes. Sa chorégraphie est organisée autour d’un thème et sa musique d’accompagnement, exécutée à l’aide de percussions, et est constituée de motifs rythmiques appelés pehe.
  2. Le ‘Aparima : dans cette danse, ce sont les mains des danseurs qui miment l’histoire. Soit le aparima est vāvā (muet) et il s’agit alors d’une pantomime, pratiquée généralement à genoux et accompagnée par des percussions, soit il est chanté, ‘aparima pehe, et les gestes se rapportent alors à un chant qui est accompagné d’instruments à corde.
  3. Le Hivinau : Danseurs et danseuses évoluent en rond et un soliste masculin lance une phrase à laquelle les danseurs répondent par un « hiri’a ha’ ha’a! ». L’orchestre est composé de divers tambours et le rythme est donné par les paroles scandées du soliste.
  4. Le Pā’ō’ā :  Danse héritière des gestes de la fabrication du tapa (étoffe fabriquée à partir du liber de certaines plantes). Danseurs et danseuses sont accroupis et en demi-cercle. Un soliste vocal lance un thème auquel répond le chœur. Un couple se lève et exécute dans le cercle une danse brève, soulignée par des «hi!» et des «ha!».

Il convient d’y ajouter les danses des autres archipels :

  1. danse de l’oiseau aux Marquises,
  2. kapa aux Tuamotu
  3. pe’i aux Gambier.

 

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