Jusqu’au 15 octobre 2017, exposition « Sisley l’impressionniste » à l’Hôtel de Caumont d’Aix en Provence

   Exposition monographique (60taine d’oeuvres) sur le peintre impressionniste Alfred Sisley (1839-1899), première exposition monographique consacrée à cet artiste en France depuis 2002

  •  parcourant des différentes étapes de l’oeuvre de Sisley à travers les lieux de prédilection du peintre
  • proposant de nouveaux éclairages
  • permettant de reconsidérer la place de Sisley au sein de l’impressionnisme et, plus largement, du milieu artistique français de la seconde moitié du XIX e siècle
  • couvrant l’ensemble de la carrière de Sisley, depuis les oeuvres présentées au Salon de 1860 jusqu’à ses vues du bourg pittoresque de Moret-sur-Loing dans les années 1890, l’exposition explore l’ascendance artistique de Sisley et sa relation avec ses compagnons impressionnistes

Hôtel de Caumont-Centre d’Art – 3, rue Joseph Cabassol 13100 Aix-en-Provence – Tél. : 04.42.20.70.01

Plus qu’aucun autre impressionniste, Alfred Sisley,membre fondateur dans les années 1870 du groupe impressionniste avec Claude Monet, Auguste Renoir, Camille Pissarro et Frédéric Bazille,

  1. a élaboré son style à partir de ses études de Corot, de Courbet, de l’École de
    Barbizon et du paysagiste romantique anglais John Constable
  2. s’est voué corps et âme à la peinture de paysage, demeurant toujours fidèle aux principes fondateurs du mouvement

« Sa sensibilité très fine, très vibrante se trouvait à l’aise parmi tous les spectacles de la nature… M. Sisley comprenait les jolies lumières, la transparence des enveloppes aériennes, les mobilités et les métamorphoses des reflets, l’agilité des mouvements.» – Gustave Geffroy, 1870

  • peindre rapidement les paysages (telle qu’elle a été définie à partir des années
    1830 par Corot et les peintres de l’École de Barbizon) sur le motif ,
  • repérage visuel systématique et scientifique (des photographies d’archives des paysages que Sisley avait sous les yeux sont mises en regard avec ses oeuvres peintes) de lieux précis en se fiant à son savoir et à son expérience (arpentant chacun d’eux en tous sens pour se constituer un ensemble cohérent de plans, il notait aussi les différences entre les scènes au gré des changements de lumière, de temps et de saison)
  •  Division des tons, effets passagers de la lumière et caractère imprévisible de la nature
    • capter les effets de la lumière dansant sur l’eau, l’éclat du soleil d’hiver sur la neige et le givre, les mouvements des arbres sous le vent, la profondeur de scènes campagnardes ou l’immensité des ciels de son territoire artistique – l’Île-de-France –

Dans la décennie 1870, les estampes japonaises, la photographie, l’art hollandais du XVIIe siècle mais aussi de Constable et Turner ont influencé sa pratique.

Peintre des ciels

« C’est le ciel qui doit être le moyen, le ciel ne peut pas être qu’un fond… je commence toujours une toile par le ciel »,  (Sisley dans une lettre à Adolphe Tavernier)

Sisley a forgé un type d’impressionnisme tout personnel

  • innovation dans la composition et la technique
  • briser les conventions du paysage qui régissent la succession des plans vers l’horizon
    • les reflets, en particulier, fournissent souvent un élément crucial dans l’organisation de la composition : Sisley structure les horizontales et les verticales, ces dernières étant souvent dédoublées par les troncs d’arbres, les piquets et les façades de maisons réfléchis par l’eau immobile (crues de Marly)
  • renforcer sa palette par une juxtaposition hardie de couleurs complémentaires : des violets intenses se heurtent à des jaunes, les verts aux rouges, les oranges aux bleus
  • approche quasi cinématographique des sujets, choisissant des emplacements qui lui permettent de couvrir 360 degrés et d’interpréter son sujet dans une succession de points de vue

Contrairement à ses collègues (Monet, Renoir et Pissarro se retirent dans leur atelier pour produire des œuvres d’inspiration nouvelle quand en 1880, dans une série de trois articles, l’ancien défenseur des impressionnistes, Émile Zola, reproche à ces artistes de ne pas créer de chefs-d’œuvre capables de survivre à l’épreuve du temps), Sisley est resté fidèle au seul paysage à travers lesquels il n’arrête jamais de développer sa propre sensibilité pour les lieux (forêt de Fontainebleau, quartier ouest de Paris, bassin de la Seine, Angleterre (Hampton Court) …).

Sisley et Monet ont été les grands peintres de la neige (si d’autres artistes du XIX e siècle, comme Friedrich, Courbet ou Hodler, donnent une dimension symbolique à cet élément naturel, les impressionnistes considèrent la neige comme un simple phénomène physique, qu’ils ajoutent à leur répertoire). Rejetant les conventions,

  1. ils ne traitent pas ce motif uniquement dans des tons de noir et de blanc,
  2. ils osent des tons bleus et violacés pour représenter la variété des teintes que prend la neige selon les conditions météorologiques.

Si Monet tente de rendre la neige au moment même où elle tombe, Sisley a une préférence
pour la neige qui vient de tomber, qui étouffe les sons et redéfinit l’architecture des maisons et des arbres.

Mon avis : Une invitation à la contemplation paisible ou une ode à la persévérance ?

Après son passage dans l’atelier de Gleyre, Sisley a

  • brièvement partagé son atelier avec Renoir,
  • fréquenté celui de Bazille
  • servi de modèle pour des grandes compositions figuratives de Renoir.
  • rejoint Monet à Argenteuil (en 1872, en 1876)
  • fondé en décembre 1873, avec ses amis, la Société anonyme coopérative des artistes peintres, sculpteurs, graveurs, etc. dans le but formel d’organiser des expositions indépendantes du Salon

Sisley expose ses œuvres à 3 des 8 expositions impressionnistes (1874, 1877, 1882) et participe aux ventes aux enchères publiques organisées par le groupe (1875, 1876).

Bien qu’il n’ait pas bénéficié, de son vivant, de la même fortune que ses collègues, le talent de Sisley est reconnu de son vivant par des écrivains et critiques de renoms, comme Stéphane Mallarmé, Théodore Duret, Gustave Geoffroy et Adolphe Tavernier.

 

 

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