Witi IHIMAERA, La femme de PARIHAKA, collection « littératures du pacifique », Au Vent des Îles éditions-Tahiti, 2014

  Roman mêlant habilement

  1. l’Histoire de la Nouvelle-Zélande au 19ème siècle (introduction de colons, guerre foncière contre les maories, …),
  2. l’histoire légendaire des Maories et de leurs liens avec la topographie de l’île du nuage blanc (Rangiroa),
  3. l’Histoire des luttes maories,
  4. l’histoire personnelle de l’auteur (Erenora serait l’une de ces ancêtres),
  5. la genèse de l’écriture de ce roman

Erenora est orpheline : ses parents ont été soufflés par les guerres territoriales de la fin du 19ème siècle (1840-1869), trahis, comme d’autres, par le missionnaire allemand responsable de leur église. Elle trouve refuge, au bout d’une longue marche avec son peuple et celui qui deviendra son mari, Horitana, au pied du mont Tanaki. Menés par leurs prophètes, les mangaï (porte-parole de Dieu) Te Whiti et Tohu, ils fondent Parihaka, la citadelle de la paix (pratique de la non violence vertueuse) et de la sainteté, terre promise des Maoris : village puis « parlement »-circonscription diplomatique du règne maori. Diabolisés par les pakeha (colons blancs), considérés comme le démon intérieur de la Nouvelle-Zélande par la presse, les maoris résistent pacifiquement à l’avancée des terres coloniales. Soutenu par 4 premiers ministres successifs (Atkinson, Grey, John Hall, Frederick Whitacker, le ministre des affaires indigènes, John Bryce, envoie en 1879 des géomètres cadastrer les terres maories, voyant en Parihaka un centre d’accueil de criminels se transformant en bastion rebelle. En bons descendants du Joseph de l’Ancienb Testament, les disciples de Te Whiti devront affronter 4 prophéties :

  1. Takahanga
  2. Akarama (Akeldama) : la trahison de Parihaka
    1. transaction de Judas l’Iscariote : Quand Horitana, qui avait rendu à Piraho, un colon dont les terres jouxtent celles de Parihaka, les coups de fouets donnés à Oretana, laboura les terres de Piraho (réponse pacifique à l’expropriation foncière des maori de leur propre terre au profit des colons), celui-ci le fit déporter en prison avec les 50 laboureurs. En le fouettant, Horitana lui a infligé son moko (tatouage facial). Piraho lui infligera le sien en retour (pose du masque d’argent)
  3. Tupapaku : l’occupation de la citadelle
  4. Aranga : le jour de la Résurrection de Parihaka et les récoltes

 

Mon avis : Un hymne à la félicité conjugale

Les références à Fidelio de Beethoven, à l’ancien Testament, à la vie personnelle de l’auteur, … irriguent l’ensemble du roman et trouvent leur sens dans les épreuves subies par les personnages. Chacun se transcende pour atteindre le dénouement, heureux, attendu …

 

Les thèmes que j’ai aimés retrouver :

  1. Une femme est un homme comme les autres (cf le titre du roman)
    1. Erenora
      1. travaille au côté des hommes
      2. combat au côté des hommes
      3. tranche les décisions lors des conseils
      4. mène une quête pour retrouver son homme (et celui de ses sœurs)
    2. L’union des trois sœurs // l’entente dans la citadelle de la paix
      1. rivalité
      2. soutien
      3. quête amoureuse : retrouver la sérénité conjugale
  2. Le paradoxe de l’écrivain historien
    1. l’histoire dans l’Histoire
    2. le problème des sources
      1. les notes des pakehas : l’Histoire est écrite par les vainqueurs
      2. l’oralité des maories : la fierté des vaincus
    3. la transparence
      1. citation des sources
      2. le travail d’écriture
      3. les sources du sujet (l’inspiration)
  3. La lutte non violente
    1. l’Histoire Maorie
      1. l’art de la persévérence et de la sérénité
        1. la sculpture
        2. le chant
        3. la danse
      2. les références bibliques à l’Ancien Testament
      3. de l’ombre à la lumière
        1. le chemin de fer
        2. la lutte pour les droits civiques
        3. la prison et la liberté
        4. l’avidité des colons et la générosité des maories
        5. de l’appel du sang à la foi en l’espoir d’un monde meilleur
    2. les figures christiques
      1. Horitana
      2. Te Whiti
    3. Gandhi (s’est inspiré du pacifisme de Te Whiti pour libérer l’Inde)

 

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