Jusqu’au 05 novembre 2017, exposition « Medusa – bijoux et tabou » au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

    Exposition, autour de 4 thématiques (l’identité, la valeur, le corps, et le rite), de

  • plus de 400 bijoux réalisés par
    1. des artistes (Anni Albers, Man Ray, Meret Oppenheim, Alexander Calder, Louise Bourgeois, Lucio Fontana, Niki de Saint Phalle, Fabrice Gygi, Thomas Hirschhorn, Danny McDonald, Sylvie Auvray…),
      des bijoutiers d’avant-garde et de designers (René Lalique, Suzanne Belperron, Line Vautrin, Art Smith, Tony Duquette, Bless, Nervous System…),
    2. des bijoutiers contemporains (Gijs Bakker, Otto Künzli, Karl Fristch, Dorothea Prühl, Seulgi Kwon, Sophie Hanagarth…)
    3. des joailliers (Cartier, Victoire de Castellane, Van Cleef & Arpels, Buccellati…),
  • pièces anonymes, plus anciennes ou non-occidentales (de la Préhistoire, du Moyen-Age, des bijoux amérindiens, du punk et du rap au bijou fantaisie…).

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris – 11 Avenue du Président Wilson 75116 Paris – Tel. 01 53 67 40 00
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h – Nocturne le jeudi jusqu’à 22h (expositions uniquement)


Le bijou est l’une des formes d’expression artistique les plus anciennes et universelles bien qu’il ne soit pas nécessairement considéré comme une œuvre d’art. Il attire et trouble (une pièce ne signifiera pas la même chose selon le porteur et l’époque) celui qui

  • le conçoit (le faiseur),
  • le regarde (le spectateur)
  • le porte (le porteur),

comme le visage de Méduse dans la mythologie grecque.

En Occident, le bijou (support d’une expression libérée de soi)

  • signe de reconnaissance
  • marqueur de d’identités codifié
  • révélateur de rôles et de leurs évolution dans la société

est considéré depuis l’enfance comme un partenaire du corps féminin : il accentue la beauté et la sensualité, souligne la frivolité …

Pourtant, autrefois, il était un attribut majeur du Pouvoir masculin

  • trophée, par son volume, sa rareté
  • manifestation d’une position supérieure, acquise ou de naissance
  • outil du Pouvoir / objet de reconnaissance désignant un pouvoir collectif

La dimension identitaire du bijou est faite de

  1. assignation
    • identification du corps (féminin ou efféminé)
    • assujettissement du corps de l’autre (la femme à son donateur) : préfiguration de la « défloraison sexuelle »
    • exhausteur de sensualité
  2. domination
    • mise en valeur du corps (du roi, de la cour, de la femme fatale/de pouvoir)
    • reconnaissance par la visibilité
  3. insoumission
    • attribut des dandys, homosexuels, hippies, bikers, gothiques, rappers … le bijou se « spectacularise »

A mi-chemin entre la parure et la sculpture, le bijou a un rapport

  • de « codépendance » avec le corps  : il est délimité par le corps qui lui donne sa taille (intimité)
  • d’autonomie instrumentalisée (cf la couronne, symbole de royauté)

et suit la mutation de nos corps sous contrôle et de nos existences connectées en continu (accessoire technologique à l’obsolescence programmée d’un corps augmenté). Le bijou matérialise les étapes d’une vie (objet pré rationnel, traditionnel, utilitaire ou spéculatif) et scelle les rapports des membres de la société (religieux, séculiers, sociaux, familiaux).

Mon avis : L’histoire de la déconstruction d’une élite …

L’histoire du bijou est celle d’une élite (royauté et aristocratie, avant que la nouvelle classe marchande et industrieuse ne le délaisse au 19ème siècle) qui met en scène son Pouvoir. Avec la dissidence des bijoux fantaisie et d’auteur (emploi de matériau abordable, de techniques proches du bricolage, …),  il devient support de conviction politique

  • dénonciation de la monétaire (affichage de la valeur sentimentale (miroir du monde))
  • désobéissance à un système de valeur/une esthétique réactionnaire voire étriquée
  • dénonciation de la préciosité (récupération, création éphémère, DIY, création collective …)

Le bijou tend à solidifier ou déconstruire des fictions d’identité en puissance : je m’orne donc je suis !

Attention ! Vous pourrez y voir la gourmette d’Antoine de Saint Exupéry (https://www.actualitte.com/article/patrimoine-education/antoine-de-saint-exupery-une-gourmette-a-elucide-le-mystere-de-sa-mort/82882)

Pour aller plus loin :

  • Colloque autour de MEDUSA
    Jeudi 12 octobre de 10h à 18h dans la salle Matisse (dans la limite des places disponibles)
    Consultez le site http://www.mam.paris.fr « Evénements »
  • Un groupe d’étudiants de l’AFEDAP (Ecole de bijouterie) vous accueille au sein de l’exposition, discute et échange avec vous, impressions et interrogations sur les œuvres et les artistes
    Jeudi 19 octobre de 18h à 22h

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s