Exposition « Rubens – Portraits princiers » au Musée du Luxembourg du jusqu’au 14 janvier 2018

  Exposition

  1. didactique (cycle  de 24 tableaux, mêlant les événements historiques aux allégories, associant portraits et figures mythologiques,  commandé par Marie de Médicis inauguré en 1625, décorant à l’origine une galerie (Galerie Medicis) du Palais du Luxembourg, édifié par Marie de Médicis à partir de 1615) présentant l’influence réciproque
    1. d’une reine (Marie de Médicis (1573-1642), fille de François Ier, sœur de la duchesse de Mantoue, veuve d’Henri IV et mère de Louis XIII, liées à toutes les familles régnantes par ses origines familiales et les alliances de ses enfants (double mariage de Louis XIII et Elisabeth avec Anne d’Autriche et son frère, le futur Philippe IV, puis le mariage d’Henriette Marie avec Charles Ier d’Angleterre))
    2. d’un peintre (Pierre Paul Rubens (1577-1640), le peintre le plus célèbre de son temps) dont l’originalité se révèle face à ses rivaux
  2. chronologique (de la cour de Bruxelles, à celle d’Espagne, les années à Paris, l’expérience de l’Italie …)

Musée du Luxembourg19 rue de Vaugirard 75006 Paris – Tel : 01 40 13 62 00

Marie de Médicis se sert des artistes afin de façonner une image d’elle-même qui légitime sa position politique et en gomme les aspects les plus désagréables ou polémiques

  1. reine et régente
  2. mère en conflit avec son fils (lutte pour rester au pouvoir dont elle est écartée en 1630)
  3. princesse exilée

Le portrait princier (50 tableaux sur 1500) répond à plusieurs usages

  1. donner une image du souverain
    1. prestigieuse et majestueuse
      1. genre
        1. historique,
        2. mythologique
        3. allégorique
          1. valoriser les qualités du modèle (héroïsation de princes/princesses au 17ème siècle)
          2. insister sur ses valeurs morales plus que sur sa ressemblance physique (légitimation du pouvoir)
      1. effigies officielles
        1. présentation avec les costumes, attributs et symboles du pouvoir (voir l’expo Théâtre du pouvoir)
        2. le portrait équestre
    1. intime
      1. faire connaître les traits
        1. d’un prétendant / d’une future épouse
        2. garder près de soi les figures des proches dont on est séparé / se rappeler à leur souvenir

 

Mon avis :

L’œuvre de Rubens, produite dans tous les genres de la peinture, est le fruit de toutes ses expériences de voyages européens

  • tableaux d’un souffle baroque
  • composition dynamique formée de courbes
  • talent de coloristes inspirés de l’Italie
  • tradition flamande du réalisme

Or, la légende s’est emparée de Rubens

  • peintre des femmes corpulentes
  • peintre peignant peu et délégant beaucoup à son Atelier (réalisation de répliques à partir d’un prototype de sa main, fait d’après dessins face au modèle et petites études peintes)
  • diffusion des œuvres au moyen de gravures de grandes qualités (servent la renommée du modèle ET du peintre)

Mais Rubens, grâce à

  1. son éducation
    • Il naît dans une famille de juriste et non de peintre, bénéficie d’une éducation humaniste poussée (il étudie auprès de Tobias Verhaecht, peintre paysagiste, et d’Adam Van Noort et Otto Van Veen, peintres d’histoire), sert comme page d’une Dame flamande (donc connaît les usages d’une Cour)
    • En Italie (1600-1608), il est employé par Vincent de Gonzague (duc de Mantoue) afin de parfaire sa formation (copie des grandes œuvres des maîtres de la Renaissance italienne, réalisation des portraits de son mécène ou commandés par l’aristocratie locale (Portrait de la marquise Brigida Spinola Doria, 1606)) : il étudie les œuvres passées (Le Titien) et contemporaine (Pourbus Le Jeune, Velazquez, Philippe de Champaigne, Simon Vouet et un peu plus tard, Antoine van Dyck), aspirant à devenir un peintre érudit et avant tout capable de peindre les sujets sacrés, mythologiques, allégoriques et historiques. Il devient peintre de cour, assiste au mariage de Marie de Médicis à Florence, est envoyé par son mécène à la Cour d’Espagne…
    • En 1608, de retour à Anvers (suite à la paix de Douze Ans entre les Pays-Bas du Nord et du Sud), les souverains de Flandres (l’archiduc Albert et l’archiduchesse Isabelle Claire Eugénie (fille du roi d’Espagne Philippe II), tous deux Habsbourg de la branche impériale autrichienne, règnent depuis 1598 sur les Flandres méridionales (la Belgique), territoire catholique dépendant du royaume d’Espagne alors que les Flandres du Nord (la Hollande), protestantes, ont fait sécession) veulent qu’il devienne leur peintre attitré. Ils le laissent cependant libre de peindre également pour les clients de son choix (bourgeoisie anversoise (Portrait de Clara Fourment, 1630),  Clergé (tableaux d’autels (Descente de Croix, 1616), retables (il poursuit les recherches formelles conduisant aux retables à trois volets)), commandes princières (décoration de la galerie Médicis du Palais du Luxembourg (1622-1625), 60 tableaux pour le pavillon de chasse de Philippe IV) …
  2. son caractère
    • orgueil
    • renommée

devient LE peintre des plus importants souverains de son époque, acquérant richesse et célébrité grâce à ses pinceaux (voir son autoportrait où il se représente comme un gentilhomme et non comme un artisan peintre en blouse, pinceaux et tâché de peinture).

  • Érudit
    • il officie un temps en vrai diplomate
      1. l’archiduchesse des Flandres, devenue veuve en 1621 et ayant pris l’habit de religieuse, l’emploie comme diplomate au service de la paix
      2. 1628 – l’archiduchesse envoie Rubens à Madrid afin qu’il rende compte au roi Philippe IV de ses activités diplomatiques
      3. un an après la nomination du cardinal-infant Ferdinand, frère du roi d’Espagne Philippe IV, en tant que gouverneur des Flandres (1633), Rubens dirige la décoration éphémère d’Anvers pour sa « Joyeuse Entrée » dans la ville  le 17 avril 1635 (des arcs de triomphe provisoires embellissent la cité et délivrent des messages politiques, cf la venue de Napoléon à Venise dans l’expo Sérénissime ! Venise en fête de Tiepolo à Guardi)
  • Peintre et gentilhomme, par
    • sa maîtrise du portrait (portrait équestre de Philippe IV (aujourd’hui détruit), les cycles Marie de Medicis et Henri IV commandés en 1622, portraits de Louis XIII et Anne d’Autriche)
    • un certain degré d’intimité partagé avec ses modèles (rapport de confiance)
    • le respect de l’étiquette

Rubens a su doser les éléments codés inhérents à ce type d’œuvre rendant illustres et vivants les personnages puissants et prestigieux de son temps qui, sans lui, n’auraient été que des personnages glacés auréolés de ce prestige qu’est le privilège royal !

 

 

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