Raphaël CONFIANT, Madame St-Clair reine de Harlem, collection « Littérature Générale », MERCURE DE FRANCE, 2015

madame st-clair, reine de Harlem     stéphanie Sainte Claire       Roman en 3 langues (anglais, français et créole) d’une femme de 76 ans

  • dicté à son neveu
  • inspiré de la vie de la « Digit Queen », reine de la loterie clandestine harlemite, qui régna sur la pègre new-yorkaise dans les années 1920-1930 (Black Renaissance)

Née coiffée, Stéphanie Sainte Claire, douée pour les langues, part à 26 ans de la Martinique munie de son seul certificat d’études, dans les années 1910-1912 : direction les Etats-Unis  via Marseille !

Mon avis : Une survivante qui croqua la vie à pleines dents!

Stéphanie Sainte-Claire

  • a souffert
    • du froid
    • de la faim
    • de la défiance des héritiers de Cham (black américains)
    • du mépris des WASP
  • a décrété l’élimination de ceux qui s’opposaient à sa main mise sur la loterie clandestine de Harlem et sur sa propre vie
  • a survécu aux 2 guerres mondiales, à la Prohibition et à la Grande Dépression

est un étonnant personnage de femme « poto mitan » comme sait si bien les mettre en lumière l’auteur. A ceci près qu’il ne s’agit pas ici d’une mère

  1. pauvre
  2. pieuse
  3. affligée d’une marmaille négrillonne

mais d’une femme

  1. mince et stérile
  2. célibataire et célibattante
  3. « peau chapé »
  4. quasi athée
  5. frayant avec « l’autre monde » (intuition de la mort précoce de sa mère, « dorliss », « quimboiseuse » puis hommes violents et/ou malfrats), qu’elle met d’ailleurs en fuite (cris, tirs de révolver, énucléation, émasculation) sans autre recours que ses propres forces …
  6. d’une absence totale de moralité
  7. qui passa sans sourciller de la religion chrétienne à l’Islam, au gré de ses intérêts

Bref, une femme amorale et sans regrets aucun (mais les hommes du récit sont du même accabi) qui ne s’en laisse pas compter …

Ce livre est aussi

  1. un rappel de ce que fut la « Black Renaissance » (jamais étudiée au Lycée, ça manque ! J’avais eu droit (fin des années 80) au « Pilgrim Fathers », cours que j’ai haï à l’époque et curieusement seul souvenir qui me reste de mes cours d’anglais au Lycée !)
  2. un hymne à la langue, seul rempart à l’oubli lorsque l’on est loin de chez soi

Au cinéma, son histoire fut reprise dans The Cotton Club (1984 – jouée par Novela Nelson) et dans Hoodlum (1997 – jouée par Fulani Haynes)

Citation :

p.67 : « C’est la sueur nègre qui a bâti ce pays, on ne va quand même pas le laisser aux blancs »

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5 réflexions sur “Raphaël CONFIANT, Madame St-Clair reine de Harlem, collection « Littérature Générale », MERCURE DE FRANCE, 2015

  1. Je ne suis pas très biographies mais la Harlem Renaissance m’intéresse, j’aimerai en savoir plus sur cette période! Je prends ton lien pour le challenge (mais je ne prends que ceux qui concerne les afro-américains.)

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  2. Pingback: African American History Month Challenge : Billet recap’ – Enna lit, Enna Vit!

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