Exposition « Le symbolisme dans l’art des pays baltes » jusqu’au 15 juillet 2018 au Musée d’Orsay

1918-2018 : Centenaire de l’autonomie des pays baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie) au lendemain de la 1ère guerre mondiale

Expo pédagogique

  • retraçant les jeux d’influences/résistances à travers lesquels les artistes ont forgé leur propre image de l’univers (émergence/émancipation d’une conscience des années 1890 aux années 1920-1930) en ayant recours à des éléments de la culture populaire, du folklore, des légendes locales et à la singularité de leurs paysages (immobilité silencieuse de l’immensité, présence surnaturelle des éléments, vastes étendues vierges, terres gelées/ravivées par le soleil …)
  • revenant sur une période clé de l’histoire des pays baltes, période où se forge un imaginaire commun, où émerge une conscience nationale qui débouchera sur une première indépendance en 1918, dont on célèbre cette année le centenaire

Attention ! Conférence inaugurale le vendredi 20 avril 2018 à 12h00 (auditorium, niveau -2)

Musée d’Orsay – 62 rue de Lille 75343 Paris

En histoire de l’art, la construction de concepts et la définition de frontières géopolitiques sont inévitables et problématiques, cette exposition le démontre pleinement.

Si

  1. les échanges intellectuels,
  2. la circulation des artistes et des oeuvres

contribuent à créer le sentiment d’une identité culturelle européenne, dès les années 1870 des revendications nationales conduisent à une valorisation des traditions, des mythes et des légendes propres à chaque pays. Les artistes sont parti prenantes de ce mouvement qui fait irruption dans tous les domaines de l’art, notamment en peinture, sculpture et dans les arts décoratifs.

L’appellation de « romantisme national » appliquée à l’art et à la culture des pays baltes recouvre des domaines aussi divers que l’art vernaculaire, les traditions orales, la poésie, la littérature et, plus généralement, l’affirmation d’une identité nationale. Partie intégrante des systèmes de pensée nationaux, le courant néoromantique fait son apparition à la fin du XIXe siècle dans différentes régions d’Europe. Il donne lieu à des formes d’expression différenciées en Europe de l’Ouest et en Europe de l’Est, où se développe un art des nations, alors dépourvues d’Etats : le « romantisme national »…

 

  1. L’Epopée nationale estonienne
    • L’art national estonien, qui a émergé simultanément avec le nationalisme estonien dans les années 1860, a porté de jeunes figures féminines au rang de symboles de la nation. Véritables emblèmes du XIXe siècle en Estonie, ces jeunes filles ont été largement popularisées par le nationalisme allemand et  constituent un prisme pour l’exploration des aspects coloniaux dans la construction identitaire de l’Estonie
      • Construite sur des récits traditionnels et des légendes populaires estoniens, cette épopée (équivalent du Kalevala finlandais) relate les aventures de Kalev, de son épouse Linda, et de son fils, Kalevipoeg, un géant sympathique doté d’une force surhumaine (Hercule balte aux boucles blondes, devenu gardien de l’Enfer et chargé d’empêcher le diable d’en sortir) : base de création du ciment culturel et historique pour l’unité nationale des estoniens en quête d’émancipation face à l’élite germanophone et à la domination russe
      • Le groupe Noor-Eesti [Jeune-Estonie] (1905-1915) a joué un rôle prépondérant dans la création et l’introduction du symbolisme ou néoromantisme dans la littérature estonienne. Le manifeste de Gustav Suits, dans lequel apparaît le slogan : « Soyons estoniens, mais devenons aussi européens ! » indique la marche à suivre. Si les auteurs estoniens imitent la littérature européenne, leur mémoire et leur subconscient véhiculent des sons et des odeurs de l’ancien monde paysan estonien
  2. La Lettonie
    • L’évolution esthétique que connaît la littérature lettone de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle reflète l’ouverture à la modernité et à l’européanisation générale. La littérature, la poésie, l’art, la musique et la culture populaire commencent à s’intéresser à la question sociale et à l’introspection psychologique (cf les écrits de deux des plus grands écrivains lettons de la fin-de-siècle, Rainis (1865-1929) et Blaumanis (1863-1908))
      • Le romantisme national lituanien repose sur des émotions, glorifie le passé de la nation et ses origines paysannes.
        • Les artistes se focalisent sur les paysages et les héros nationaux comme en témoignent les oeuvres de M.K. Čiurlionis, Antanas Žmuidzinavičius, Ferdynand Ruszczyc, Boleslas Buyko, notamment.
        • Une analyse de l’histoire de l’art polonais du début du XXe siècle révèle que certains artistes dont les oeuvres sont accrochées sous le drapeau lituanien pour l’exposition « Âmes sauvages. Le symbolisme dans les pays baltes », appartiennent en réalité au romantisme national polonais
      • Le symbolisme dans l’art letton de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle montre l’influence de différents centres artistiques et artistes résidant en Allemagne, Russie, France, Finlande et Lituanie comme Max Klinger, Ludwig von Hoffmann, Arnold Böcklin, Auguste Rodin, Mikhail Vrubel, Akseli Gallen-Kallela, Mikalojus Čiurlionis. En dépit de ces influences européennes, les artistes symbolistes lettons comme Ādams Alksnis, Janis Rozentāls, Bernhard Borchert, Voldemārs Matvejs, Gustavs Šķilters, Rūdolfs Pērle intègrent et valorisent des images et des récits nationaux, dans un style local

Pour aller plus loin

  • le 03/05/2018 : Journée d’étude -> romantisme national et symbolisme balte
  • Festival Baltique du 22 au 29 mai 2018
    • Cinéma
      • le 24/05/2018 à 20h00 :  Le coup de grâce de Volker Schlöndorff, 97 mn, 1976, adapté du roman de Marguerite Yourcenar
      • le 25/05/2018 à 20h00 : Cinéma d’animation, court-métrage
    • Labo des langues baltes les 26 et 27 mai 2018 à 15h00
    • Lectures
      • Les Dainas (quatrains composés depuis des siècles par des habitants anonymes et collectés depuis le XIXe siècle, ces poèmes ont joué un rôle dans la construction nationale lettone) le 26/05/2018 à 12h30
      • Jean-Pierre Minaudier, le traducteur français d’Andrus Kivirähk, auteur de L’Homme qui savait la langue des serpents (Prix de l’Imaginaire 2014 du roman étranger) parlera des difficultés que pose le passage de l’estonien au français, le 26/05/2018 à 14h30
    • Spectacle conté : L’épopée de Kalevipoeg, le géant qui voulait bien faire… le 26 et le 27/05/2018 à 16h00
  • Fête du solstice le 21/06/2018 à 18h30 (Curieuse Nocturne)
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