Exposition « Alphonse Mucha » au Musée du Luxembourg jusqu’au 27 janvier 2019

Exposition monographique – rétrospective (affiches, planches d’illustrateur, peintures, photographies, bijoux, sculptures, pastels)

1ère expo consacré à l’artiste dans la capitale depuis la rétrospective du Grand Palais en 1980

Musée du Luxembourg – 19 rue de Vaugirard 75006 Paris

But : redonner à cet artiste prolifique toute sa complexité artistique, politique et spirituelle.

Alphonse Mucha est un artiste tchèque de renommée internationale

  • célèbre
    • a donné son nom à l’Art Nouveau (il en est le représentant le plus populaire)
      • élégantes affiches d’un style très affirmé, emblématique de l’Art Nouveau
    • indissociable de l’image du Paris 1900
  • méconnu
    • immense ambition de peintre voué à la cause nationale (« L’artiste doit rester fidèle à lui-même et à ses racines nationales » – Alphonse Mucha)
      1. de son pays d’origine, qui ne s’appelait pas encore la Tchéquie
        • renouveau national tchèque
          • identité tchèque
          • la philosophie panslave (« L’objectif de mon travail n’a jamais été de détruire mais de construire, de relier, car nous devons
            tous garder espoir que les Hommes se rapprocheront, et cela sera d’autant plus facile qu’ils se
            comprendront mieux. » – Alphonse Mucha)
          • amour pour sa famille et sa patrie
      2. des peuples slaves
        • éclatement de l’empire austro-hongrois
    • figure d’un homme mystique et visionnaire, animé d’une véritable pensée politique (« La mission de l’art est d’exprimer les valeurs esthétiques de chaque nation conformément à la
      beauté de son âme. La mission de l’artiste est d’enseigner au peuple à aimer cette beauté. » – Alphonse Mucha)

      • travail préparatoire pour L’Épopée slave qui l’occupe entre 1911 et 1928 témoigne de son attachement à son pays natal et de son rêve d’unité entre les peuples slaves
        • entreprise, teintée d’une philosophie humaniste, franc-maçonne
          • dépeindre les joies et les peines de tous les peuples slaves, en soulignant les liens qui les unissent et leur lutte commune contre l’oppression
        • peinture de toiles gigantesques, pour lesquelles il produit une abondante quantité d’études préparatoires au dessin virtuose

né le 24 juillet 1860 en Moravie (à Ivančice, ville du sud de la Moravie sous administration autrichienne) en pleine renaissance nationale tchèque. Son père est huissier de justice

  • 1872 – Installation à Brno, la capitale de la Moravie. Pensionnaire au Slovanské Gymnasium
    • il grandit en croyant passionnément en une nation tchèque indépendante de l’empire austro-hongrois auquel elle était rattachée
  • 1875 – Visite dans une église de la ville d’Ústí nad Orlicí. Mucha est impressionné par les fresques de Jan Umlauf (1825-1926). Cet événement déclenche sa vocation de peintre
  • 1878 – Sa candidature à l’Académie des beaux-arts de Prague est refusée. Il participe comme amateur à des spectacles de théâtre en tant qu’acteur-metteur en scène et décorateur
  • 1879 – À Vienne, il travaille comme apprenti pour une entreprise spécialisée dans les décors de théâtre
  • 1881 – Il perd son emploi après l’incendie du Ringtheater, le meilleur client de son employeur
  • 1883/84 – Le comte Eduard Khuen-Belasi (1847-1896) fait appel à lui pour décorer son château d’Emmahof
  • automne 1885 – Il commence des études à l’Académie des beaux-arts de Munich grâce à l’aide financière du comte Eduard Khuen- Belasi
  • 1887 – Arrivée à Paris (pour étudier à l’Académie Julian, toujours avec le soutien financier du comte Eduard), capitale européenne des arts dans laquelle, venus de tous pays, les artistes et les étudiants affluent et se regroupent par communautés. Il devient président du Lada Club, association d’étudiants tchèques, polonais et russes. Il y commence une carrière d’illustrateur (1889) pour des éditeurs de Paris et Prague après la fin de l’aide financière du comte Eduard.
  • 1888 – Il étudie à l’Académie Colarossi
  • 1890 – Participation à un cercle d’artistes comprenant Paul Sérusier et les nabis, qui se réunit dans la crèmerie de Mme Charlotte Caron, rue de la Grande-Chaumière
  • 1891 – Mucha rencontre Paul Gauguin et commence à travailler pour l’éditeur parisien Armand Colin (« Je préfère être un illustrateur populaire qu’un défenseur de l’art pour l’art. » – Alphonse Mucha)
  • 1892 – Il donne des cours de dessin dans son atelier qui deviendront les « Cours Mucha » à l’Académie Colarossi
  • décembre 1894 – Rencontre avec la grande tragédienne Sarah Bernhardt qui lance sa carrière d’affichiste : Il réalise pour elle l’affiche de Gismonda, une pièce de Victorien Sardou (01/01/1895, Mucha signe un contrat de 6 ans avec Sarah Bernhardt pour concevoir les décors, les costumes et les affiches de ses productions), première d’une longue série d’affiches publicitaires ou simplement décoratives, variant à l’infini un répertoire de figures féminines entremêlées de fleurs et de volutes graphiques, qui lui apporteront une immense notoriété et l’amitié d’artistes comme Gauguin ou Rodin. Il est parallèlement sollicité pour des travaux de décoration, par le joaillier Georges Fouquet, ou d’illustration pour des livres
  • 1896 – Il rejoint le Salon des Cent, groupe d’artistes défendus par la revue La Plume, signe un contrat d’exclusivité avec l’imprimeur F. Champenois et crée ses premières séries de panneaux décoratifs, Les Saisons
    • 1897 – Exposition personnelle au Salon des Cent. La Plume consacre un numéro spécial à Mucha
  • 1898 – Initiation dans la loge parisienne du Grand Orient de France. Collaboration avec Georges Fouquet (1852-1957)
  • 1899 – Publication du livre de Mucha Le Pater
  • dès 1900 et à l’occasion de l’Exposition universelle, il entreprend de concevoir un projet qui dépeint l’histoire et la civilisation du peuple tchèque et des peuples slaves. Cette entreprise, teintée d’une philosophie humaniste, franc-maçonne, va l’occuper les trente dernières années de sa carrière et le conduire à peindre des toiles gigantesques, pour lesquelles il produit une abondante quantité d’études préparatoires au dessin virtuose
    • Commandes (1899) du gouvernement autrichien pour l’Exposition universelle de Paris de 1900, notamment pour la décoration du pavillon de la Bosnie-Herzégovine (région slave
      annexée à l’Autriche-Hongrie depuis 1878) -> sera nommé membre de l’Ordre de François-Joseph Ier pour services rendus à l’Empire (pourtant oppresseur des Slaves)
    • 1901 – reçoit la légion d’honneur pour sa contribution à l’Exposition universelle de Paris
  • 1903 – Rencontre avec Marie (Maruška) Chytilová, étudiante en beaux-arts tchèque, qui deviendra sa femme
  • 1904 – Premier séjour aux États-Unis. Il peint des portraits de notables et fait la connaissance de Charles Richard Crane (1858-1939), futur mécène de L’Épopée slave
  • 1906 – Quatrième séjour aux États-Unis. Mucha commence à enseigner à l’Art Institute of Chicago
  • 1909 – Naissance de sa fille Jaroslava à New York. Crane accepte de financer le projet de L’Épopée slave
  • 1910 – Il retourne à Prague pour travailler aux fresques murales de la Maison municipale
  • 1919 – Membre fondateur de la première loge maçonnique tchécophone. Inauguration de la première exposition de L’Épopée slave au Klementinum à Prague, avec cinq toiles
  • 1928 – Le cycle complet de L’Épopée slave est officiellement offert à la Ville de Prague par Mucha et Crane et exposé au Palais des expositions. La famille Mucha revient s’installer à Prague
  • 1936 – Rétrospectives au musée du Jeu de Paume à Paris et musée morave des Arts décoratifs à Brno
  • 1939 – Invasion de la Tchécoslovaquie par les Allemands. Mucha est arrêté et interrogé par la Gestapo. Il est libéré, mais sa santé se dégrade vite. Il meurt le 14 juillet à Prague. Il est enterré
    au Slavin (le panthéon tchèque), au cimetière de Vyšehrad à Prague

Au travers de toutes ces œuvres et au-delà du maître de l’Art Nouveau

  • En tant qu’affichiste, Mucha développe un style très personnel, le style Mucha, caractérisé par des formes sinueuses, des lignes organiques et une gamme subtile de tons pastel, qui incarnera bientôt le mouvement émergeant à l’époque dans les Arts décoratifs, l’Art nouveau (« Mon art, si je peux l’appeler ainsi, s’est cristallisé. Il était en vogue. Il s’est répandu dans les
    usines et les ateliers sous le nom de “style Mucha”. » – Alphonse Mucha)

    • style décoratif s’inspirant d’une variété de motifs ornementaux – japonais, celtiques, islamiques, grecs, gothiques et rococos – reproduits dans les ouvrages de référence dont il disposait. Ses racines slaves en restent toutefois indissociables et accompagnent toute son évolution. À partir de 1896, il intègre des éléments traditionnels de son pays d’origine sous forme de
      robes, de fleurs et autres motifs botaniques inspirés de l’art et de l’artisanat populaire morave. Les halos, très présents, rappellent les icônes byzantines (selon Mucha, l’art byzantin est au fondement de la civilisation slave) tandis que les courbes et les dessins géométriques évoquent le décor des églises baroques tchèques. Alors que Paris connaît alors une vague de slavophilie, alimentée par la visite officielle en 1896 du tsar Nicolas II de Russie (1868-1918)
    • création de nouvelles formes inspirées de la nature et du corps humain
    • Quand l’Exposition universelle de Paris ouvre ses portes en 1900, Mucha est déjà une figure de proue du mouvement et, quand il se rend pour la première fois aux États-Unis en 1904, il est qualifié de « plus grand artiste décoratif du monde »
  • cycles de peinture d’histoire, parfois sur très grand format, dans un esprit militant et idéaliste
  • art résolument figuratif et épique (1900-1910, avant-gardes européennes)

c’est donc l’œuvre foisonnante et la personnalité singulière de cet artiste que l’exposition entend révéler aux visiteurs.

Pour aller plus loin :

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