Germaine BEAUMONT, Des maisons, des mystères, Editions Omnibus, 2006

    Réédition de 3 courts romans sociétaux – Enquêtes

Challenge Halloween 2017

  1. La harpe irlandaise (Plon, 1941) : En 1918, Edmond Langrun tombe amoureux de Lucie Greene, jeune irlandaise employée chez les Lessard comme jeune fille au pair à La Jamoise. Lucie ignore que Rolande, sa confidente, la propre fille de ses employeurs, est sa rivale. En 1919, La Jamoise est fermée à la mort de son propriétaire. En 1920, Juliette Sacherel, l’ex-bonne des Lessard, devient gardienne, avec mari et enfant, de La Jamoise, propiété que Rolande refuse obstinément de vendre à Edmond. Pourquoi ? Qu’est devenue Lucie Greene ? Quel lien avec le mariage d’Edmond avec Laura Ganeret, une pianiste virtuose, en 1925 ? Quand Pauline Sacherel devient l’institutrice de Babette, elle tombe amoureuse de Philippe, son l’oncle … Le fantôme d’Edmond laissera-t-il l’histoire se répéter ?
  2. Les clefs (Plon, 1940) : Mme Marshall, ex-infirmière de guerre, est veuve. Sur un coup de tête, elle achète au clan Clauvel le domaine de La Jondraie. Un soir, elle trouve la Marie, la petite bonne (16 ans) des Clauvel, effondrée sur ses marches. Que fuit-elle ? Pourquoi a-t-elle dans sa valise la photo d’une jeune femme enchaînée qui ressemble tant à mme Marshall ? Quel(s) secret(s) li(ent) La jondraie aux Clauvel ? Y-a-t-il un lien avec le passé de Mme Marshall ?
  3. Agnès de rien (Plon, 1943) : Agnès de Chaligny, jeune épouse obéissante, doit passer quelques jours, à la demande expresse de son mari Francis, aux Fonts de Laume, dans la propriété familiale occupée par la mère, la sœur et le beau-frère de ce dernier. Sa mission ? Obtenir de sa belle-mère une somme qu’elle se refuserait à lui envoyer … Agnès la mènera-t-elle à bien ?

Mon avis : Quand les maisons et les secrets de famille qu’elles renferment deviennent des personnages inquiétants ….

Germaine Beaumont (née Battendier en 1890 près de Rouen), « fille choisie » de Colette qui lui enseigna l’art de

  • « tuer dans l’œuf l’adjectif inutile »
  • « aller droit au but » dans la narration des faits
  • « répudier tout ce qui sonne creux, aussi bien les radis que le discours »

met à profit dans ces 3 romans son goût (incarné par la nature luxuriante et omniprésente) pour

  • les vieilles demeures campagnardes
  • le secret
  • le mystère

qui fit d’elle la spécialiste des histoires de fantômes (« je suis une maison hantée ») et donne à ces romans une pointe fantastique (le fantôme d’Edmond, la clef d’or du petit pavillon, la folie de l’aïeule).

3 femmes (mal mariée ?)

  1. Laura Langrun
  2. Frédérique Marshall
  3. Agnès de Chaligny

3 maisons (délaissées ?)

  1. La Jamoise
  2. La Jondraie
  3. Les Fonts de Laume

se partagent 3 âges de la vie (les caps à passer pour toutes femmes ?)

  1. l’extrême jeunesse
  2. la quarantaine
  3. la vieillesse

pour un même destin : la solitude de la naturelle intelligence de cœur face à l’oisiveté bourgeoise …

Une « suave perversité » se dégage de ces 3 romans sans cadavres dont

  • les crimes ne s’aperçoivent pas à l’œil nu (prison mentale, secrets de famille, perversité narcissique, folie)
  • l’intrigue est menée par une femme libre, moderne, solitaire car marquée par la vie, dégagée des contingences familiale (la garçonne des années 20 ?)
Publicités

Une réflexion sur “Germaine BEAUMONT, Des maisons, des mystères, Editions Omnibus, 2006

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s